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A peine installé dans le fauteuil de président de la Commission préparatoire des Etats généraux sur la corruption au Mali que le gouvernement envisage d’organiser en septembre prochain, l’ancien Premier ministre, Modibo Kéïta, est déjà dans la ligne de mire du puissant syndicat du crime au Mali.

Il fait en effet l’objet d’une vaste campagne de dénigrement. Une tentative de déstabilisation qui ne dit pas en fait son nom.
En effet, depuis quelques temps, des informations non signées balancées sur le Net tentent de mettre en doute la crédibilité de l’ancien Premier ministre Modibo Kéïta chargé par l’actuel Premier ministre d’assurer la présidence de la Commission préparatoire des Etats généraux sur la corruption au Mali.

Ce choix fait-il peur à certains ? Toujours est-il que depuis le 24 juin 2008, un texte intitulé «texte 3 : des Etats généraux sur la corruption» se trouvant sur le Net révèle que : «en 1997, à la nomination de Modibo Kéïta (actuel président de la Commission préparatoire des Etats généraux de la lutte anticorruption) comme Conseiller spécial (CS) du président de la République, de petits malins ne se sont pas privés de publier «la liste non exhaustive» de ses biens : «32 villas, ou vergers et quelques terrains à usage d’habitation» ! Avec adresses et localisations ! Les menaces et quelques billets de banque eurent raison de la hargne investigatrice des journalistes de l’époque».

Dans le même tract, il ressort que maintenant que Modibo Kéïta est nommé président de la Commission préparatoire des Etats généraux de la lutte anticorruption, «pourquoi ne publierait-il pas la liste exhaustive de son patrimoine ne serait-ce que pour l’exemple ? Ne serait-ce que pour démentir ce qui fut qualifié «d’immondes ragots ?». Ne serait-ce que pour rattraper la bourde de 2002 ? ».

Et d’ajouter sans réserve «car avant de prendre ses fonctions de Premier ministre, il s‘était bien gardé de publier la liste de son patrimoine…». En guise de conclusion, le ou les auteurs se demandent «quel respect peut-on avoir pour l’ancien Premier ministre, Modibo Kéïta ou pour l’actuel ? En tant que cadres de ce pays, de quelle crédibilité disposent-ils ?»

Voilà en quelques mots, les informations tendancieuses qui sont balancées sur le Net contre l’actuel président de la Commis-sion préparatoire des Etats généraux sur la corruption et non moins ancien Premier ministre du Mali. Mais en vérité, la réalité est tout autre. En effet, contrairement aux allégations mensongères balancées sur le Net, Modibo Kéïta s’est toujours plié aux prescriptions de la loi sur la déclaration des biens.

En 1987 d’abord, lorsqu’il a été nommé par le général Moussa Traoré comme ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Modibo Kéïta a fait le dépôt de l’intégralité de ses biens avec beaucoup de précisions pour d’éventuelles vérifications. Cette déclaration frappée du sceau de la confidentialité se trouve toujours dans les archives de la Cour suprême du Mali.

L’histoire dont on parle avec aisance aujourd’hui et sans gêne est partie de sa nomination en 1999 comme secrétaire général de la présidence de la République. Cette nomination d’un ancien dignitaire du régime Moussa Traoré a été très mal ressentie en son temps par les caciques de l’Adéma, parti au pouvoir.

Pour se venger, ces derniers sont allés chercher la déclaration des biens déposée en 1987 modifiant certains chiffres et le confiant au journal «Le Carcan». Ledit journal avait d’ailleurs titré à sa une «le secrétaire général de la présidence est un homme riche…».
Le hic est que quelques jours seulement après la parution de ce papier incendiaire, les vrais propriétaires des biens imputés à Modibo Keïta ont commencé à s’agiter craignant à juste titre qu’ils ne soient dépossédés de leurs biens légitimes.

Une semaine après sa nomination comme Premier ministre par le président Alpha Oumar Konaré le 18 mars 2002, Modibo Kéïta a rédigé le 25 mars de la même année «en âme et conscience une déclaration de biens adressée au président de la Cour suprême». Lors de son départ de la primature le 7 juin 2002, il a encore pris soin de réactualiser ladite déclaration car les biens avaient été modifiés entre temps. Cette modification portait sur les véhicules (deux occasions) et le compte bancaire dont le montant était passé de 300 000 F Cfa à 800 000 et quelques F Cfa.

A son nouveau poste, Modibo Kéïta est convaincu que les membres d’un Comité chargé de préparer la lutte contre la corruption doivent être des exemples de probité morale. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il a demandé que les autorités prennent un texte pour exiger une déclaration de biens de la part des membres de la Commission préparatoire des Etats généraux sur la corruption.


Birama Fall

04 Juillet 2008