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Les états généraux sur la décentralisation ont débuté hier au CICB, sous la présidence du président de la République Ibrahim Boubacar Kéita. Ces assises de trois jours (21 au 23 Octobre feront la revue des orientations et des modalités de mise en œuvre du processus de décentralisation en cours.

Le coup d’envoi des travaux des états généraux sur la décentralisation a été donné hier par le président de la République. Avec pour objectif d’approfondir le processus de décentralisation pour un développement équilibré du territoire et engager la réforme de l’Etat, ces états généraux dureront trois jours. Les participants qui sont au nombre de 600 personnes ne parleront que de la décentralisation, une option qui tarde malheureusement à remplir toutes ses promesses.

La politique de décentralisation, comme l’ensemble des réformes en cours, a été affectée par la crise qu’a traversée le Mali. Ces assisses remettent cependant en débat la pertinence et les choix du processus de décentralisation en cours.

Selon IBK, le niveau d’équipement des collectivités a augmenté mais, a-il-t-il continué, les disfonctionnements se sont autant multipliés. A l’en croire, ces états généraux porteront des réponses à ces disfonctionnement.

Le président de la République a tenu à attirer l’attention qu’à Bamako les compétences du district et les communes doivent être clarifiées. Il a averti qu’ils seront sans pitié dans le domaine foncier.

Les états généraux devront proposer des orientations permettant de faire évoluer l’organisation institutionnelle de l’Etat et de la gouvernance afin d’être en mesure de gérer les diversités humaines et territoriales qui caractérisent le Mali.

Revue des orientations et modalités

Ils serviront ainsi à faire la revue des orientations et des modalités de mise en œuvre du processus de décentralisation à court, moyen et long termes en se basant sur les acquis et en tenant compte des lacunes et des défis mis en évidence par la crise institutionnelle et sécuritaire que vient de traverser notre pays.

Le président du Haut conseil des collectivités territoriales, Oumarou Ibrahim Haïdara a réitéré que les états généraux apporteront des correctifs aux lacunes de la décentralisation qui connaît de nombreuses insuffisances.

Selon le chef de file des PTF, (ambassadeurs de l’Allemagne au Mali), les assises permettront de responsabiliser les acteurs politiques à s’impliquer dans la gestion des affaires au niveau local. Il a affirmé la volonté des partenaires de soutenir le Mali dans ses projets de décentralisation.

Effleurée par les autorités des deux premières Républiques, la décentralisation revêtira sous la IIIème République un aspect plus profond qui s’attache aux idéaux de paix, de démocratie et de développement dont était porteuse la Révolution de mars 1991. La mise en œuvre de cette réforme majeure, amorcée en 1993, est devenue effective en 1999 avec la mise en place de 761 collectivités territoriales sur toute l’étendue de notre pays. Au niveau stratégique, la décentralisation a été, ces dernières années, l’objet de nombreuses concertations et réflexions.

Après plus de 10 ans de mise en œuvre, il faut reconnaître que le processus de décentralisation a enregistré des acquis importants, notamment dans les domaines de la fourniture des services de base (éducation, santé, eau potable, équipements marchands). Mais des difficultés de natures diverses persistent encore. Malgré les insuffisances relevées, la décentralisation apparaît toujours comme une option essentielle pour contribuer à la résolution de la crise au Nord du Mali, notamment, à condition que la réforme soit approfondie et adaptée aux enjeux.

Les états généraux de la décentralisation alterneront les travaux en plénière et en groupes. Au premier jour, le menu prévoit une présentation introductive en plénière. Mais le plus important sera la restitution d’un rapport dressant l’état des lieux de la décentralisation dans notre pays.

Sur la base de ces éléments, les débats seront conduits et des recommandations précises et opérationnelles devront être dégagées par chaque groupe de travail.

Sidiki Doumbia

Bintou Maiga

(stagiaire)

22 Octobre 2013