Partager

Entre autres solutions, il faut extirper le secteur de l’emprise des fantasmes et de la démagogie de ceux qui tentent de le prendre en otage à des fins personnelles 

Le Premier ministre Abdoulaye Idrissa Maïga a présidé le mardi 27 juin dernier, au Palais de la culture Amadou Hampaté Ba, la cérémonie d’ouverture de trois jours des travaux sur les états généraux du secteur minier et pétrolier au Mali.

C’était en présence du ministre des Mines, Pr Tiémoko Sangaré, du président de la Chambre des mines du Mali, Abdoulaye Pona et de plusieurs autres acteurs du secteur minier.

Dans le cadre de la recherche de solution aux difficultés qui minent le développement du secteur minier et pétrolier, le ministère des Mines a initié l’organisation des Etats généraux des mines. L’objectif visé par ce cadre de concertation est de faire l’état des lieux du secteur minier et pétrolier afin de formuler des recommandations pour une meilleure contribution au développement de la population.

Prennent part à ces travaux, tous les acteurs impliqués dans l’exploitation de l’or au Mali. Trois jours durant, les participants à ces travaux échangeront sur plusieurs thèmes relatifs au secteur.

Dans son discours d’ouverture, le Premier ministre Abdoulaye Idrissa Maiga a salué l’initiative avant de déplorer que « dans notre pays la production minière reste centrée sur l’exploitation de l’or, lorsque que de nombreuses données attestent de la diversité de son potentiel en ressources minérales. Si il a contribué à renforcer l’économie malienne, et valoriser le patrimoine national de notre sous-sol, pour autant le secteur minier est loin d’avoir comblé toutes les attentes dira-t-il. C’est pourquoi M. Abdoulaye Idrissa Maïga dira qu’il est normal que nous imaginons les déviantes autrement, telle que l’augmentation de la part nationale. Pour le Premier ministre, la présente rencontre doit permettre de faire le lien entre cette imagination et la réalité. Le chef du gouvernement a invité les participants à cet atelier de réfléchir sérieusement au développement de la petite mine et l’opportunité d’une nouvelle niche d’emplois, de planifier la reconversion des sites miniers en développant les outils de mitigation des impacts environnementaux et de créer des moyens de traçabilité de l’itinéraire des produit minier, et d’accéléré le processus de renouvellement du parc minier malien dans le souci de rendre le secteur plus compétitif.

Selon le ministre Tiémoko Sangaré l’entrée de notre pays dans l’ère de la tradition moderne de l’exploitation de l’or date 1984 avec l’ouverture de la mine de Kalana. Et de cette date à nos jours, le secteur compte une dizaine de mines, majoritairement étrangères actuellement en production au Mali. Occupant une place centrale dans l’économie malienne, sa production est passée de 500 kg/an à 50 tonnes/an en moyenne aujourd’hui avec un pic de 63 tonnes atteint en 2003.

Actuellement, le métal jaune représente, selon le ministre Sangaré, près de 70% des recettes d’exploitations, 25% de la recette budgétaire et 8% du PIB. Les sociétés minières emploient en permanence plus de 12000 travailleurs, contre 2 millions de personnes pour les activités artisanales du secteur. Malgré ce beau tableau, le ministre des Mines dira qu’après 30 ans d’exploitation et de forte croissance de la production, que le secteur montre des signes d’essoufflement qui nous mettent face à des contraintes qu’il faut vite éradiquer, afin de rester dans la dynamique de croissance et de récupérer notre place sur l’échiquier africain.

Les maux dont souffre le secteur sont nombreux. Il s’agit notamment de la perte de sa 3ème place qu’il occupait depuis 10 ans au profit du Soudan avec 81 tonnes dont 85% d’orpaillage ; le drastique ralentissement de la recherche géologique ; l’exportation croissante des tonnes d’or de l’orpaillage ; la déperdition scolaire ; les maladies liées à cette activité ; la pollution de environnement.

Comme remède le ministre propose qu’« il faut une meilleure organisation et un meilleur encadrement des artisanats miniers. Il faut une meilleure gestion par les collectivités territoriales des produits de la patente acquittés par les sociétés minières dont l’intégralité leur a été transférée par l’Etat. Il faut extirper le secteur minier de l’emprise des fantasmes et de la démagogie de ceux qui tentent de le prendre en otage à des fins personnels »
Ces assises se veulent être une réponse aux multiples problèmes qui assaillent le secteur notamment, le faible niveau de financement pour la recherche et la non diversification de l’industrie minière essentiellement accès sur l’exploitation de l’or.

Parlant de solution d’organisation du secteur, le professeur Sangaré a ordonné la fermeture momentanée des sites d’orpaillage sur toute l’étendue du territoire.

 « Il faudrait que les nationaux soient impliqué dans l’exploitation » a préconisé, de son côté, le président de la Chambre des mines.

Mohamed Naman Keita

Le 22 Septembre du 29 Juin 2017