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Malgré la mesure prise par le Gouvernement qui a instauré la gratuité de l’acte de naissance afin de permettre à tous les nouveaux nés d’être déclarés, obtenir l’acte de naissance de son enfant relève du parcours du combattant. Le calvaire peut prendre trois mois voire plus.

C’est déjà le ras le bol chez les chefs de familles face aux mauvais comportements de certains agents de nos mairies qui s’adonnent à la corruption à ciel couvert. Du coup, des milliers d’enfants sont privés de leur droit d’avoir l’acte de naissance. Ce désarroi de la population découle de l’indifférence des autorités communales à l’image de cette réaction du 4è Adjoint au maire de la commune VI, Adama Doumbia, chargé de l’Etat Civil : « Je n’ai pas le temps pour des futilités de journalistes»

Ce droit fondamental de l’enfant est plus que jamais menacé, malgré les efforts du gouvernement et certains de ses partenaires comme l’UNICEF pour permettre à tous d’avoir l’acte de naissance et remplir pleinement ses droits et ses devoirs. Les agents de certaines mairies s’entêtent à faire payer aux parents la rondelette somme de 4000 FCA (en Commune III) et 3000 FCFA (en Commune I) sous le fallacieux prétexte de la Taxe de Développement Régional et Local (T.D.R.L).

Au niveau de ces mairies, les autorités municipales refusent de respecter cette importante mesure légale au Mali pour établir le droit pour chaque enfant.

Il existe des réseaux mafieux dans les mairies qui soutirent de l’argent aux parents. Pour se rendre à l’évidence, il suffit de faire un tour à la mairie de Sogoniko, aux centres secondaires de Magnanbougou, Daou-dabougou.

« Quand il y a une naissance, la maternité est chargée de nous transmettre les déclarations que nous enregistrons dans le registre de naissance. Après ces procédures, le parent du nouveau né se présente à la mairie avec une fiche de sortie de la maternité pour prendre le rendez vous d’une semaine .

Malheureusement, la pratique est tout autre pour avoir l’acte de naissance, les parents sont obligés de mettre la main à la poche si ce n’est pas le cas, la personne aura un rendez-vous de trois à cinq mois », nous a fait ces révélations un agent de la mairie de Sogoniko qui a tenu à garder l’anonymat.

Face à ce comportement ignoble de nos instances de proximité, une réaction immédiate sera la bienvenue de la part des plus hautes autorités du pays.

Nous avons rencontré à la mairie de Sogoniko un usager du nom de Mohamed qui se trouve dans l’étau des gens mal intentionnés. « Je dois constituer un dossier qui comprend l’acte de naissance de nom enfant. J’ai déposé la déclaration depuis deux mois, aujourd’hui encore le monsieur vient de me donner un rendez vous de trois mois c’est-à-dire jusqu’au 30 novembre prochain. Il s’agit pour mois de chercher une connaissance à la mairie ou de donner le prix de la cola », a expliqué Mohamed. L’acte de naissance original est gratuit, la copie est délivrée contre la somme de Cent (100) FCFA et cela deux semaines après la naissance de l’enfant.

Mais depuis 9 mois, Abdoulaye Touré est resté impuissant face à l’affairisme de certaines personnes de la mairie de Daoudabougou « Mon enfant est né le 9 Janvier 2008 depuis ce jour je viens chaque semaine à la mairie mais sans succès. Mon ami était confronté à la même situation mais quand il a payé une somme de 5000cfa, il a été satisfait deux jours après », a- t- il expliqué.

C’est le même problème qu’avec B-D, une autre victime de ces sorciers à la mairie de Sogoniko. Après 6 mois de va et vient, un agent lui a dit de payer 5000F cfa, faire une nouvelle déclaration par ce que la première est perdue.

Cette pratique est le fruit du laisser aller. De tels individus doivent être poursuivis et sanctionnés par la loi.

Nouhoum Dicko

Ousmane B Dramé (Stagiaire)

17 Septembre 2008