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Les « mariages collectifs » encouragent l’acquisition d’un état-civil et la connaissance du code de mariage et de tutelle et garantissent aussi la sécurité juridique des femmes.

Une main sur l’épaule de sa compagne, M.D, la cinquantaine passée, se tient avec fierté pour la première fois devant l’officier d’état-civil pour légaliser une union datant de plus de 30 ans. La foule exulte et applaudit la décision du couple.  » Le geste est simple et ne m’a rien coûté. Mais il est tout de même significatif car il témoigne de mon adhésion au processus de renforcement de l’acquisition des états civils pour nous sécuriser et sécuriser nos héritiers » confie, tout heureux, le nouveau marié.

Un témoignage parmi d’autres collecté lors de la célébration des mariages collectifs organisés samedi à Sanankoroba par le Programme national d’éducation à la citoyenneté (PNEC) en partenariat avec l’ambassade du Canada et de l’Ong canadienne « Solidarité, Union, Coopération » (SUCO).

La manifestation était présidée par le ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, Kafougouna Koné, qui avait à ses côtés ses homologues de la Justice, Maharafa Traoré, et de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Maïga Sina Damba. On y notait également la présence de l’ambassadeur du Canada, Mme Isabelle Roy et celle des autorités régionales de Koulikoro et locales de Sanankoroba.

Ce sont 269 couples qui ont scellé leur mariage ce jour à Sanankoroba dans le cadre du volet « mariages collectifs » initié par le Programme national d’éducation à la citoyenneté pour encourager l’acquisition des états civils, et développer la connaissance des citoyens sur le code de mariage et de tutelle. Cette initiative est aussi destiné à garantir la sécurité juridique des femmes. On peut donc mesurer toute l’importance que revêt cette activité du PNEC dans le contexte malien où la sécurité juridique des individus est menacée par la faiblesse des enregistrements à l’état civil.

Il ressort des données du Programme national d’éducation à la citoyenneté que 40% des naissances, 60% des mariages et 70% des décès ne sont pas encore enregistrés au Mali. Ces pourcentages sont encore plus élevés dans les communes rurales. C’est fort de ce constat que le Canada a décidé d’accompagner les pouvoirs publics et les organisations de la société civile dans les efforts qu’ils déploient, depuis mars 1991 pour la construction d’un État de droit.

« Cette entreprise a rendu nécessaire une redéfinition des structures ainsi que des relations sociales, économiques et juridiques de la société malienne« , a constaté la diplomate canadienne. Mme Isabelle Roy a promis la présence de son pays auprès du nôtre dans ce cheminement.

Le ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la famille ne pouvait que saluer une initiative qui participe pleinement à la promotion des droits de la femmes. Mme Maïga Sina Demba a garanti le soutien total de son département au Programme national d’éducation à la citoyenneté.

Le ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités locales a, lui, rappelé les composantes du PNEC : le volet télévisuel à travers l’émission hebdomadaire sur l’ORTM « A nous la citoyenneté« , les émissions radiophoniques, le projet jeunes citoyens, les animations boîte à images et vidéo mobile et les mariages collectifs.

Kafougouna Koné a réaffirmé l’engagement du gouvernement à renforcer la culture de la démocratie, des droits humains et à stimuler la participation des citoyens à la vie démocratique.

D’autres cérémonies de célébration de mariages collectifs sont prévues prochainement dans les communes de Dialakorodji et de Bougoula.

M. KONATÉ – L’Essor

12 Mars 2008.