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Après plus d’une année de crise institutionnelle et politique, le gouvernement du Mali entend rétablir la démocratie par l’organisation de la présidentielle de juillet prochain. Pour la réalisation de cette volonté, qui est un des objectifs de la feuille de route, la Commission administrative d’établissement des listes électorales de la commune III du district de Bamako s’active depuis deux semaines. Elle procède à la validation et à la radiation des électeurs décédés. Quelles sont les dispositions prises par les autorités communales en vue du bon déroulement des opérations ? Reportage

C’est aux environs de 8h 00, le mercredi dernier, que la commission administrative d’établissement des listes électorales de la commune III du District de Bamako a commencé ses travaux. Mais déjà à 7h30, pratiquement tous les agents mobilisés pour la cause étaient à leur poste respectif. Au même moment, on pouvait constater la présence d’une dizaine de personnes en train de regarder le tableau d’affichage des listes des électeurs potentiels, si leur nom y figure. A l’entame des travaux, on pouvait compter plus d’une vingtaine de personnes dans la salle des opérations. Pendant que les uns étaient venus pour faire constater des erreurs sur leur nom ou sur leur âge, les autres cherchaient à choisir leur bureau de vote ou à faire le transfert d’un quartier à un autre.

A 9 heures, l’affluence était telle que des groupuscules de personnes se formaient autour des agents. A en croire, le président de la Commission administrative, Modibo Kéita, l’ampleur de l’affluence augmente chaque jour depuis le lancement des opérations. Cela s’explique par le fait que les populations de la commune III ont une vieille culture de vote. « Il n’y a pas de difficultés majeures. Les gens viennent en grande pompe. Et le travail se passe normalement », poursuit le président de la commission.

Le travail de la commission est essentiellement basé sur trois éléments à savoir la validation de la liste des électeurs potentiels, la radiation et le transfert. En ce qui concerne la radiation, explique le président de la commission, elle se repose sur deux aspects : les cas décès et le volet perte du droit de vote.

Pour le cas des radiations pour cause de décès, la commission se réfère sur le registre de décès de la mairie. Indépendamment de ça, ajoute le président de la commission, celle-ci se fait aussi sur réclamation des parents du décès. Mais, pour autant la radiation ne se fait tout de suite. « Elle intervient après que le parent du défunt ait apporté des preuves concrètes ». S’agissant du volet « Perte du droit de vote », il vise les personnes condamnées.

Pour réussir ce pari, plus 37 agents ont été mobilisés par la Commission administrative. Selon M. Kéita, le nombre de partis politique représentés est de 20 et les 17 autres sont des agents de la mairie. Du début de l’opération au passage de notre équipe, la commission a enregistré 525 cas de radiations et 515 cas de transfert.

Parlant des déplacés du nord, le président explique que ceux-ci peuvent faire le transfert en vue de choisir le bureau de vote de leur convenance.

Selon Modibo Kéita, contrairement aux élections passées où l’électeur était parfois loin de leur lieu de vote, l’opération vise à rapprocher davantage les électeurs de leur lieu de vote et à affaiblir le poids de la fraude lors des élections. Par conséquent, il demande aux populations de la commune III de sortir encore nombreuse pour choisir pour la vérification de la liste électorale et le choix de leur lieu de vote.

En vue de faciliter l’accès des populations à ces listes, explique le président de la commission, la mairie a procédé à l’affichage des listes au niveau des centres secondaires de la mairie.

Youssouf Z Kéïta

L’Aube du 24 juin 2013.