Partager

Les choix du meilleur équipement au détriment de solutions intermédiaires plus accessibles conduit parfois à aggraver les risques urbains liés à l’eau. Les grandes villes du Sud sont généralement des villes à forte croissance où l’expansion du tissu urbain et de l’espace habité est en bien des lieux le préalable à la mise en place des infrastructures d’approvisionnement en eau, d’évacuation des eaux de ruissellement.

Les populations de ces villes sont donc souvent plus vulnérables que d’autres dans la mesure où elles doivent fréquemment inventer des solutions intermédiaires pour accéder à l’eau et à un environnement urbain vivable. De plus, sur certains sites, comme les pentes de Quito ou d’Addis-Abeba mais aussi celles du plateau d’Abidjan, les fortes pluies saisonnières créent des situations à risque liées aux ruissellement : érosion intensifiée des sols découverts par l’urbanisation, nouveaux axes de flux mettant en danger des quartiers aval, renforcement de la force des cours d’eau décuplant leur faculté érosive sur les berges…

Le risque sanitaire

Cette conjonction de manque d’infrastructures et de fortes pluies est aussi un facteur de risque sanitaire accru : aires de stagnation des eaux, débordement des fosses septiques et puisards, etc… Les risques urbains liés à l’eau sont donc très divers. Ils varient selon la situation de l’équipement, le site et le climat propre à chaque ville.

Ils peuvent aussi être démultipliés par certains aménagements urbains. Ainsi, dans bien des cas, le choix d’un réseau d’évacuation des eaux usées fait que les flux de ruissellement ne sont ni gérés, ni canalisés. L’eau est un enjeu vital et un bien commun dont l’accès est largement subventionné. Les modes d’équipement moderne le plus souvent développés sont des réseaux centralisés d’eau et d’évacuation des eaux des vannes.

Ils coûtent chers et sont souvent réalisés à partir de crédits internationaux à très long terme alors qu’il reste très difficile d’en faire supporter le coût aux populations. De plus, ce mode de réseau est très inégalitaire dans ses résultats. La partie des villes la mieux équipée est le plus souvent la plus centrale ou celles des plus nantis. La technologie du réseau en est la solution qui correspond à la meilleure option du point de vue de la qualité de l’eau potable comme de l’environnement urbain.


La nécessite de diminuer la vulnérabilité

Dans les villes européennes, elle a permis d’envisager une condition sanitaire proche du risque zéro. Mais ceci n’est vrai que lorsque le contrôle des eaux est presque parfait. Dans le contexte des grandes villes du Sud en revanche, ce choix est créateur de situations à risques supérieurs.

En effet, dans l’atteinte d’un développement exhaustif réel des réseaux, aucun investissement n’est accordé à des solutions alternatives existantes, certes moins satisfaisantes, mais économiquement et socialement plus viables.

L’amélioration de la gestion des villes du Sud passe peut-être par cette perception transformée des risques liés à l’eau : le risque zéro étant impossible à atteindre comment concevoir une amélioration de l’existant pour diminuer la vulnérabilité des populations.


Les impacts de l’eau de façon globale

En dehors des centres urbains l’eau , en plus de ces avantages, a des effets pervers sur les populations de façon générale. En effet, la présence de l’eau est un élément attracteur d’une diversité biologique faunistique et floristique importante, et donc de bactéries, de virus, de champignons, d’helminthes, espèces associés et potentiellement dangereuses pour l’homme.

L’envahissement par la jacinthe d’eau des lacs, rivières et fleuves d’Afrique a entraîné le développement des bactéries vibrio dont vibrio cholerae, responsables du coléra dans les populations humaines.

Mamoutou DIALLO (Stagiaire)

19 Septembre 2008