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Le fait dépasse presque l’entendement. Un marabout a pu escroquer une dame en lui soutirant la rocambolesque somme de 75 millions de F Cfa. Oumar Diarra, c’est son nom. Le faux marabout se trouve en cavale depuis la fin de l’année 2011.

Le 28 août dernier, la chambre correctionnelle du tribunal de première instance de la commune III du district de Bamako a prononcé un verdict qui est censé soulager la victime. Du moins en principe. Les «disciples» du marabout, Abdoulaye Ongoïba et Diakaridia Traoré, aux mains de la justice depuis le 14 octobre 2011, ont été condamnés à 10 mois de prison ferme. Il leur a été également intimé le paiement de 75 millions de nos francs à titre de remboursement de la somme soutirée.

Abdoulaye Ongoïba, Diakaridia Traoré, accusés de complicité, et Oumar Diarra, devront collectivement rembourser donc la dame. Le marabout, lui, étant condamné à 10 ans de prison. Mais la victime dont nous tairons le nom n’est pas au bout de ses peines. Et pour cause, l’auteur principal du forfait reste introuvable. Il a été jugé par contumace. Et la justice a délivré un mandat d’arrêt contre lui. Ses disciples, eux des démunis, doivent rapidement recouvrer la liberté avec le verdict prononcé à leur encontre, pour avoir déjà purgé cette peine.

Comment Oumar Diarra est-il parvenu à mettre la main sur cette somme ? Le 7 août dernier, ce dossier était en débat au cours d’une audience au tribunal de la commune III. Et la victime est passée aux aveux, comme il en a été le cas à l’enquête préliminaire. Opérant dans le milieu libéral, la victime était animée d’une volonté démesurée de devenir «milliardaire». Dans cette motivation, elle croise le nommé Diarra qui la convainc de ses capacités de multiplicateur de liasses. Dans sa naïveté, elle le cru.

Selon ses explications, elle avait en garde quelques 60 millions de F d’un grand frère qui vit aux Etats-Unis. C’est cette somme et 15 millions d’autres dont l’origine n’a pas été expliquée qui ont servi à l’opération. La somme n’a pas été remise en une seule tranche. Les sieurs Abdoulaye Ongoïba et Diakaridia Traoré, qui vivaient dans la même concession que le marabout, ont souvent servi de relais pour la transaction. D’où leur culpabilité.

Seydou Coulibaly

Le 30 Août 2012

© AFRIBONE