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Ce qui se passe actuellement dans la Capitale est tout simplement cynique : le non paiement, par certaines patronnes, des salaires de leurs aides-ménagères communément appelées “bonnes”. En cette période hivernale, la plupart de ces aides-ménagères se préparent pour leur retour dans leurs villages respectifs. Aussi comptent-elles beaucoup sur l’argent qu’elles ont acquis à la sueur de leur front.

Mais hélas, le plus souvent, elles se voient confrontées à une déception, sinon une désolation de taille, à cause du refus inadmissible de leurs patronnes de leur payer leurs dus. Ainsi, le 9 oût 2008, une aide-ménagère s’est vue abusée par sa patronne -la femme d’un ancien ministre, de surcroît- qui réside à Magnambougou. Escroquerie ou abus de confiance, s’interrogent bien des témoins de l’affaire ?


Que s’est-il passé ?

Il y a de cela trois mois, Hawa Bah fut embauchée comme aide-ménagère par la femme de l’ancien ministre, à raison de 12 500 FCFA de salaire mensuel. Les deux parties (la patronne et sa bonne) étaient tombées en présence d’un témoin, Bakary Konaré, qui n’est autre que le logeur de l’aide-ménagère. Malgré les calvaires subis par la bonne Hawa Bah, elle exécutait ses tâches quotidiennes.

Mais la patrone n’a pas respecté ses engagements, comme convenu. En effet, selon la clause du contrat, le paiement se fait mensuellement. Des renseignements glanés par l’aide ménagère, il ressort que sa patronne a toujours été une mauvaise payeuse.

Aussi, après trois mois de durs labeurs sans voir la couleur de sa paie, sa bonne Hawa Bah décide d’arrêter le travail. Raison invoquée : elle veut rentrer au village. Mais sa surprise sera grande lorsque, sur ses 37 500 FCFA (représentant ses trois mois de salaire), sa patronne ne lui a remis que… 30 000 F CFA.

On devine alors aisément toute l’amertune et la déception de l’aide-ménagère qui n’a plus cessé de réclamer à cor et à cris ses 7 500 FCFA de salaire restants. C’est que durant ces trois mois, elle s’était sacrifiée corps et âme dans le travail. Mais sa patrone ne veut rien entendre. Pire, elle aurait déclaré que sa bonne peut aller se plaindre où elle veut.


Une habituée de ces pratiques illicites

Selon nos informations, cette femme de l’ancien ministre est une habituée de ces pratiques illicites. D’ailleurs, ce serait la première fois qu’elle a pu garder une bonne aussi longtemps : la nommée Hawa Bah. En effet, en moins d’un mois, cette patronne a “utilisée”- c’est lemoins que l’on puisse die- environ 10 à 15 aides-menagères). Les unes ne sont restées que trois jours, pour s’enfuir par la suite. D’autres n’ont pu la supporter que… pour une seule journée.

A ce “bourreau des bonnes”, il est partout reproché d’être aussi bavarde, que mesquine et… tabasseuse. pire, elle n’hésiterait pas à humilier ses aides-ménagères, et cela devant témoins, au beau milieu des gens. Aussi, au moment de devoir payer le salaire da sa bonne, elle trouve toujours le moyen, sinon un “alibi en béton armé“, pour ne pas payer le montant dû.

Selon la victime, Hawa Bah, trois à quatre aides-menagères ont été forcées de signer forfait en abandonnant le travail, leur salaire avec. “Je pensais qu’elle allait changer, vu tout tout ce que je fais dans la famille. Mais j’ai vu qu’elle n’a pas de bon caractère. Pourtant, c’est moi qui fais tout, sans oublier les caprices de ses enfants et de ses proches que je devais supporter“, a-t-elle déclaré.

Ce qui est suprenant dans tout cela, c’est le fait que ladite patronne soit la femme d’un ancien ministre qui a fait ses preuves au Mali. D’ailleurs, selon des habitants observateurs de Magnambougou, malgré son actuelle situation précaire, la dame tient toujours à continuer de mener la vie d’une femme de ministre en fonction. Selon certaines indiscrétions, c’est une femme qui ne sait pas rien faire sans l’assistance de sa bonne.

J’invite toutes mes collègues à éviter cette femme qui n’a aucun respect pour les bonnes. Et surtout, c’est une femme qui ne respecte jamais ses engagements”, a lancé la bonne Hawa Bah, meurtrie. Les autorités administratives et policières doivent le plus souvent se pencher sur le sort de ces bonnes meurtries, et penser aux voies et moyens d’obliger les patronnes impitoyables à payer ou rembourser les dûs de ces aides-ménagères.

D’ailleurs, selon les témoignages des voisins de la patronne indélicate, c’est son mari qui paie les salaires de ses aides-ménagères. Mais ces sommes sont empochées par la patronne, certainement pour d’autres fins. Rappelons qu’elle utilise souvent deux à trois aides-ménagères pour des salaires différents, et certainement avec des tâches différentes.

Aujourd’hui à Magnambougou, tout le quartier a le doigt pointé et l’œil braqué sur la famille de cet ancien ministre, du fait du mauvais traitement que ladite patronne inflige aux aidee-ménagères. En tout cas, s’il y a des gens bien avertis là-dessus, c’est bien …les bonnes.

Sadou BOCOUM

11 Aout 2008