Partager

Comme d’ailleurs dans beaucoup de pays d’Afrique, la plupart des Maliens restent convaincus que la compétence de la femme se limite seulement aux tâches ménagères, et que tout ce qui touche à la gouvernance et à la gestion des affaires publiques doit être réservé uniquement aux hommes.

Cette façon de penser est d’emblée faussée, car l’égalité des sexes, qui est inscrite dans les droits de l’homme, se trouve au cœur de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Et sans elle, on ne pourra vaincre ni la faim, ni la pauvreté, ni la maladie.

C’est dire que l’égalité doit être réelle, à tous les niveaux, et que la maîtrise des ressources et la représentation dans la vie publique et politique doivent être également partagées, quand on sait que parvenir à la parité est une condition préalable à la pleine participation des femmes à la vie sociale.

Pour une promotion de l’égalité des sexes, les gouvernements doivent envisager des stratégies visant à éliminer les barrières politiques, juridiques, administratives, culturelles, comportementales, sociales et économiques qui empêchent la pleine participation des femmes au processus de développement et de la vie publique. D’où la nécessité de l’élimination totale de toutes les formes de discrimination fondées sur le sexe.

La budgétisation et le financement des projets et programmes publics ou privés, selon le genre, permettront de corriger beaucoup d’aspects d’inégalités entre les sexes. C’est fort de ce constat que cette année, pour commémorer l’édition 2008 de la Journée Internationale de la Femme, la communauté internationale a retenu le thème « Le financement culturel« .

Il faut également reconnaître que, d’une manière générale, le travail des femmes est aussi sous-estimé que sous-évalué, tant en milieu rural qu’en milieu urbain. Pourtant, l’égalité pour l’égalité de genre et le renforcement du pouvoir des femmes.

Cela obéit au souci de mobiliser toutes les femmes du monde autour des enjeux de leur participation à la vie économique, politique, sociale et entre les hommes et les femmes est indissociable de tous les efforts déployés en vue d’un développement solidaire et durable de notre pays, quand on sait que les droits et devoirs sont égaux pour chaque citoyen homme ou femme, lorsqu’il s’agit de donner la preuve de ses capacités intellectuelles ou intrinsèques.

Quoi qu’il en soit, il faut que les hommes reconnaissent que l’égalité entre les hommes et les femmes ne sera réelle que lorsque tout citoyen, quels que soient son orientation culturelle ou politique, son groupe racial ou ethnique, aura la possibilité de réaliser tous ces droits à la mesure de son propre potentiel, et de contribuer à l’évolution culturelle, économique et sociale de son pays.

La démocratie étant la loi de la majorité, les femmes doivent faire jouer leur surnombre pour décider et faire valoir leurs droits et et devoirs, leur cause. La décentralisation se prête à cette cause, puisqu’elles représentent plus de 51% de la population malienne.

Mariétou KONATE

27 février 2008.