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Non ! En moins de cinq (5) jours de l’investiture du président de la République Ibrahim Boubacar Keita, les Maliens ont pris connaissance de l’identité des ministres du gouvernement. Un gouvernement caractérisé par le népotisme et des hommes à réputation sulfureuse. Dès lors, on peut présager des lendemains incertains pour un Mali nouveau au regard de leur nombre pléthorique. Ils sont 34 pour le gouvernement plus le secrétaire général, le directeur de cabinet et le chef de cabinet, tous trois avec rang et prérogatives de ministres.

Autopsie des ministres du gouvernement Oumar Tatam Ly
Rappelons que le gouvernement Ly est un condensé des régimes Moussa, Alpha et ATT. A propos du procès crimes économiques, Les Echos écrivait : «Il faut louer les autorités politiques d’avoir confié l’examen du dossier Moussa Traoré à une juridiction de droit commun, en l’occurrence la Cour d’assises de Bamako. Il appartient maintenant aux magistrats», ainsi qu’aux jurés de veiller comme l’écrivait un commentateur dans l’hebdomadaire indépendant «Les Echos» à ce que Moussa Traoré n’apparaisse un jour comme «une simple victime de ses victimes». Cette stratégie est déjà en marche.

Oumar Tatam Ly, Premier ministre

Il est le fils de l’un des premiers intellectuels maliens opposants au régime du Comité militaire de libération nationale (CMLN), Ibrahim Ly. Son père fonda en 1970 le Regroupement Pour le Mali (RPM).
Oumar Tatam Ly aurait été imposé par certains partenaires au développement (Banque mondiale, FMI) pour une meilleure application des Programmes d’ajustement structurel (PAS).

Mohamed Aly Bathily, ministre de la Justice, Garde des sceaux

Ancien directeur de cabinet du général Amadou Toumani Touré pendant la transition (1991-92). Ancien fonctionnaire à la francophonie, Mohamed Aly Bathily est un homme de droit et un proche des enfants d’IBK. Le népotisme est passé par là.

Soumeylou Boubèye Maiga, ministre de la Défense et des Anciens combattants

Après dix ans, il signe son retour au même département. L’ancien directeur de la Sécurité d’Etat (SE) serait en mission pour liquider les putschistes du 22 mars 2012. Le moindre faux pas leur serait fatal. Sa présence au ministère serait de tenir en respect les militaires. Soumeylou Boubèye est un ami personnel d’Alpha Oumar Konaré et un proche du général Amadou Toumani Touré. Ses détracteurs affirment que c’est un pion de l’Algérie dans la crise au nord du Mali.

Cheick Oumar Diarrah, ministre de la Réconciliation et du Développement des régions du Nord

Fils de Mamadou Diarrah, qui, dans une motion de censure en faveur du président Modibo Keita, demanda, en 1967, la dissolution de l’Assemblée nationale du Mali, qui sera remplacée par le Comité national de défense de la révolution (CNDR) le 22 août 1967. Cheick Oumar est écrivain et ancien diplomate. Sa grand-mère est sonrhaï, originaire de Bamba (Gao).

Zahabi Ould Sidi Mohamed, ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale

Chef rebelle des années 1990. Très raciste ? Il a dit : «Le Mali est le seul pays où les peaux blanches sont commandées par des Noirs». «Si un Noir tue un Touareg, c’est 1.000 Noirs qui vont mourir». Zahabi est en mission au compte de la communauté internationale pour la partition de notre pays. Vive la République de l’Azawad, alors ! Qui l’aurait cru sous IBK ?

Mme Bouaré Fily Sissoko, ministre de l’Economie et des Finances

Ancienne ministre des Domaines de l’Etat et des Affaires Foncières et de la Communication de l’ère Konaré, Mme Fily Sissoko n’est pas très «Michelle» dans la gestion de la chose publique. Son passage au département des Domaines est entaché d’irrégularités : le 7 juin 2002 un arrêté ministériel transforme le titre foncier du domaine de l’armée en centre commercial cédé à des personnalités du pays.
Les acquéreurs de ces parcelles cherchent désespérément leur fonds car ils ont été expropriés pour y construire le 3è pont de Bamako. Mme Bouaré, que l’on surnomme «Hellen Jonson», a travaillé à la Banque mondiale à Bamako. Elle est en mission pour le compte de la Banque mondiale. Fily doit sa réputation à son feu père Samballa Sissoko, ancien contrôleur général d’Etat.

Colonel Sada Samaké, ministre de la Sécurité

Il signe son retour au gouvernement pour venir mater les éventuels contestataires du régime IBK. C’est un militaire cupide, militant de la ruche. Nommé ministre de l’Administration territoriale en 1993, il a maté tous les contestataires au régime ADEMA.
Expert en mines, en 1990, il a été chargé par la France de tester les grenades à fragmentation. C’est sous ses conseils que le Général Moussa Traoré a demandé aux forces de l’ordre d’utiliser les grenades à fragmentation contre les manifestants à Bamako. Bilan : des centaines de morts et des milliers de blessés.
Appelé à la barre comme témoin au procès crimes de sang, son explication n’a convaincu personne. D’un regard moqueur, le Général Moussa Traoré lui a fait une moue.

Dr Bocary Tereta : ministre du Développement rural

Secrétaire général du Rassemblement Pour le Mali (RPM), ancien coordinateur de la CAMOPA, un projet financé par la Banque mondiale, Tereta retrouve son fauteuil ministériel après quelques mois de transition. Il est la conscience d’Ibrahim Boubacar Keïta. La CAMOPA fut un projet dont la durée de vie fut éphémère pour des raisons de mauvaise gestion.
Certaines sources avancent le chiffre de trois (3) milliards de nos francs détournés par ce docteur vétérinaire. CAMOPA et PGRN (Projet de gestion des ressources naturelles), tous financés par la Banque mondiale sont morts de mauvaise gestion.

Général de brigade Moussa Sinko Coulibaly, ministre de l’Administration territoriale

Membre du Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat (CNRDRE), sorti de l’école militaire Saint Cyr (France), Moussa Sinko Coulibaly est le signataire de la plate-forme signée entre le gouvernement de la transition et le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA).
Sa mission est loin d’être achevée. C’est un proche de la France au sein des putschistes. Son père Sinko Coulibaly est un ancien secrétaire général de l’ex-parti unique, l’UDPM. L’ADEMA-PASJ, né sur les cendres de l’ex parti unique, Sinko a viré dans la ruche. Un général à suivre de près.

Cheickna Seydina Diawara, ministre du Plan et de la Prospective

Du déjà vu ! Ce ministre a été pris en flagrant délit dans une affaire de vente de licence d’exploration avec la «CMC» d’Amadou Touré, filiale de la société canadienne, qui a ouvert une mine à Ségala (Kéniéba). Et ce jour là, IBK est apparu à la télévision nationale pour défendre «l’indéfendable».Quand est-ce que l’impunité prendra-t-elle fin ? Karacho.

Tiéman Hubert Coulibaly, ministre des Domaines de l’Etat et des Affaires foncières

Après avoir saboté notre diplomatie, il retourne aux Domaines pour venir bazarder les bâtiments restants de l’Etat au centre commercial. Enfant gâté des régimes successifs au Mali, Tiéman Hubert Coulibaly est le président d’un petit parti politique (UDD) créé par son père. Cette formation est en voie de disparition sur l’échiquier politique national. C’est une marionnette du président de l’ASMA.

Abdel Karim Konaté, ministre du Commerce

ADEMA bon teint, cadre de la douane malienne, Abdel Karim Konaté reprend son fauteuil au ministère du Commerce afin de relancer le secteur mais aussi de mettre fin à la guerre larvée que se livrent les commerçants pour le contrôle de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM).

Bocar Moussa Diarra, ministre de la Fonction publique

Pendant la transition, IBK s’est battu pour qu’il soit ministre. Il l’a été et depuis, Bocar Moussa Diarra conserve sans succès son fauteuil ministériel. Son attachement à l’US-RDA ou UM-RDA équivaut à un poste ministériel, IBK étant un nostalgique du passé. Bocar Moussa Diarra a cédé à vil prix le patrimoine de l’US-RDA (Bar-Mali) à 165 millions de F CFA. C’est Bocar Moussa Diarra, arrivé par népotisme, qui a mis le chaos au sein du ministère de l’Education, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues nationales. Interpellé par l’Assemblée nationale sur sa gestion calamiteuse des ressources humaines, le président de l’UM-RDA a préféré prendre la poudre d’escampette en envoyant son homologue du supérieur au charbon.

Ousmane Ag Rhissa, ministre de l’Environnement et de l’Assainissement

Militant du Rassemblement Pour le Mali (RPM), il est resté fidèle au RPM et à son président. Il est reconduit au département qu’il occupait pendant la transition (Environnement et Assainissement). Il a à son actif la vente de la forêt classée Faya sur la route de Ségou. Cette forêt classée a bénéficié d’un financement important de la Banque mondiale.

Lieutenat-colonel Abdoulaye Koumaré, ministre de l’Equipement et des Transports

Membre de l’ex-CNRDRE, Abdoulaye Koumaré est natif de Kadiolo, cercle de la troisième région administrative du Mali. Il aura la lourde tâche de procéder à la cession de l’aéroport de Bamako-Sénou. Il est le ministre à scandales de la transition.

Hamadoun Konaté : ministre du Travail et des Affaires sociales et humanitaires

Il est l’époux d’une des sœurs utérines de Mme Keïta Aminata Maiga. Sa nomination ? Soutenir, sans doute comme ses prédécesseurs, la fondation de la première dame dans les œuvres humanitaires.

Mohamed Diarra, ministre du Logement

Diplômé de l’université de Dakar, le ministre Diarra est consultant indépendant. Ancien ministre des Droits de l’Homme, Mohamed Diarra est militant de l’Adema, époux d’une ancienne ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille.

Moussa Mara, ministre de l’Urbanisme et de la Politique de la ville

Maire de la commune IV, Moussa Mara, fils de l’ancien ministre de la Justice Joseph Mara, serait l’homonyme de l’ex-dictateur Moussa Traoré. Elu maire en commune IV du district de Bamako, Mara a été vite décrié par la population. Elu maire pour gérer le foncier dans la transparence, Mara a fait pire. Le dépotoir en face du cimetière de Lafiabougou, un quartier de sa commune, est la parfaite illustration que Mara pourrait être un mauvais ministre de la Politique de la ville.

Mme Sangaré Oumou Bah, ministre de la Promotion de la Femme, de la Famille et de l’Enfant

Ancienne présidente des femmes du RPM, député de l’ADEMA et du RPM en commune II (1992 et 2002).

Mme Togola Jacqueline Nana, ministre de l’Education nationale

D’origine burkinabè, elle est professeur de lettres. Militante du Rassemblement Pour le Mali, Jacqueline est une femme qui est connue pour sa fermeté dans le travail bien fait.

Moustapha Dicko, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique

Membre du bureau politique de l’ADEMA. Il est le plus mauvais ministre de l’Education que le pays n’ait jamais connu depuis son accession à l’indépendance en 1960. Il s’est illustré par sa très mauvaise gestion des ressources financières dudit département. Parrain des multiples tendances de l’AEEM qui s’affrontaient à coups de manchettes. Dans la «mangecratie», il est l’un des champions.

Ousmane Koné, ministre de la Santé et de l’Hygiène publique

Militant du Rassemblement Pour le Mali (RPM), il est originaire de Sikasso, il fut directeur administratif et financier d’Ibrahim Boubacar Keïta à la primature.

Mamadou Frankaly Keïta, ministre de l’Energie et de l’Hydraulique

Militant du RPM, il est le secrétaire général du parti en commune I. Originaire de Sinzani, sa nomination est une reconnaissance à Bakary Pionnier, natif de Sinzani, une localité réputée «sainte». Mamadou Frankaky est le petit fils de Sinzani Massa Sidibé.

Mahamane Baby, ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle

Ancien de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM).

Mme Berthé Aissata Bengaly : ministre de l’Artisanat et du Tourisme

Ancienne ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille du gouvernement ATT, elle a été limogée pour détournements de fonds.

Dr Boubou Cissé : ministre de l’Industrie et des Mines

D’ethnie diawambé docteur Boubou Cissé a eu la part du lion.

Dr Abdramane Sylla : ministre des Maliens de l’extérieur

Député du Rassemblement Pour le Mali (RPM), il est le 7ème vice-président à l’Assemblée nationale du Mali. Ce natif de Nioro est élu aux élections législatives sur la même liste qu’IBK en commune IV.

Jean Marie Sangaré : ministre de la Communication et des Nouvelles technologies de l’information

Chef de la Cellule de communication du candidat Ibrahim Boubacar Keïta, Jean Marie Sangaré (fils du docteur Karim Sangaré) est le beau fils de Mme Kéïta Rokiatou N’Diaye vice présidente du RPM. Il est l’homonyme de Jean Marie Koné, compagnon de lutte du président Modibo Keïta. Son domicile paternel à Quinzambougou fait face à celui d’Attaher Maiga. Le beau frère «national» Jean Marie Sangaré est en famille.

Me Mamadou Gaoussou Diarra, ministre de la Jeunesse et des Sports

Proche de l’ancien président de la CENI (Me Tapo), Mamadou Gaoussou Diarra fut le président des clubs UNESCO avant d’entamer une carrière politique. La fédération malienne de football et les différentes associations sportives lui rendront la vie difficile. Trop jeune et petit dans une mare de crocodiles. Sa nomination est une récompense faite à son père, un inconditionnel du RPM.

Les ministères délégués sont crées pour caser des parents et amis

Malick Alhousseini Maiga, ministre délégué auprès du ministre de l’Administration territoriale, chargé de la Décentralisation

Ancien secrétaire général au ministère de l’Equipement et des Transports, Malick Alhousseini Maiga vient de réaliser son rêve : être ministre. Président du Collectif des ressortissants du Nord (COREN), il est indexé dans le détournement des aides destinées aux victimes de la crise du Nord. Sa gestion fait l’objet de vives contestations.
Il bénéficie ainsi du soutien inestimable qu’il a apporté à l’ex-CNRDRE : 30 véhicules du ministère de l’Equipement et des Transports et 80 millions de FCFA. Sous couvert de l’éminence grise des putschistes, le général Moussa Sinko. Il pourrait continuer à alimenter les sébiles des hommes de Kati par l’argent de la décentralisation.

Nango Dembélé : ministre délégué auprès du ministre du Développement rural, chargé de l’Elevage de la Pêche et de la Sécurité alimentaire

Ingénieur agronome, militant du RPM, il est originaire de Yorosso. C’est un ami personnel d’IBK.

Tierno Amadou Omar Hass Diallo, ministre délégué auprès du ministre de l’Administration territoriale, chargé des Affaires religieuses et du Culte

Grandi dans le quartier populaire de Banconi, Tierno Diallo gravi les échelons pour son appartenance à l’association des albinos. Son procédé, qui lui a d’ailleurs réussi, faire de son handicap un fonds de commerce et le trafic d’influence. Après le bac, il a fait le tour des écoles supérieures, EHEP et EN-Sup, sans succès, avant de décrocher un diplôme au niveau de la cellule (UFAE) Unité de formation et d’appui aux entreprises à l’ENI. Il a été commis par IBK, alors Premier ministre, pour casser l’AEEM. Est-ce le prix de sa trahison de ses camarades de lutte ?

Madani Touré, ministre délégué auprès du ministre de l’Economie et des Finances, chargé du Budget

Seul ministre proposé par Oumar Tatam Ly, il est un cadre de la BCEAO.

Moustapha Ben Barka, ministre délégué auprès du ministre de l’Economie et des Finances, chargé de la Promotion de l’Investissement et de l’Initiative privé

Il est le fils de la sœur utérine de la première dame Aminata Maïga, Madame Ben Barka née Lalla Maïga. La famille Maïga a acquis à la fois notoriété, pouvoir et argent au Mali et dès lors elle s’est transformée en un business center. Moustapha Ben Barka multipliera des initiatives et des investissements en direction de sa famille et du clan IBK.
A «L’Inter de Bamako», lorsqu’Ibrahim Boubacar Keïta dit que son ami Laurent Gbagbo n’avait pas les mains teintées de sang malien, nous avions pris acte.

La rédaction

L’Inter de Bamako du 16 Septembre 2013