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Le football est une activité sportive née en Grande-Bretagne à la fin du XIXe siècle et qui, à la faveur de l’expansion britannique, s’est répandue dans le monde entier. Il faut d’ailleurs faire remarquer que tout comme pour le football, la Grande-Bretagne est le berceau de la plupart des disciplines sportives connues dans le monde d’aujourd’hui : rugby, boxe, cricket, volley-ball, etc.

A la faveur de la colonisation, les Africains ont découvert le football qui s’est rapidement imposé aux pratiques sportives anciennes comme la lutte traditionnelle, la course des chevaux, celle des pirogues sur le Niger, l’acrobatie, etc.

Dans les colonies, le football fut longtemps un sport d’élite pratiqué par les seuls lettrés qui en comprenaient le sens et l’intérêt. Pour les larges masses populaires, c’était plutôt un sport violent au cours duquel on pouvait facilement et inutilement se blesser et qui, par conséquent ne nécessite pas qu’on y perde son temps. Même aujourd’hui, dans les campagnes où on ne comprend pas toujours le sens de l’engouement pour le football, les paysans ne se montrent pas chauds pour sa pratique et n’encouragent pas les enfants à taper dans le ballon et à fréquenter les terrains de football.

Dès le début, plus que les autres disciplines sportives, le football fut un jeu de passion ou derrière le divertissement se cachaient des ambitions de puissance et de domination de l’adversaire.

Dans les premières années de son apparition, les rencontres étaient jouées sur des terrains ne comportant pas de clôture et devant des spectateurs qui ne payaient pas pour voir les matches. Les équipes étaient aussi composées de gens de mêmes quartiers se connaissant ou d’ouvriers de manufactures travaillant ensemble. Ceci explique que les villes manufacturières d’Angleterre furent les premières villes où le football s’implanta facilement et s’y développa rapidement : Liverpool, Manchester, Leeds, etc.

En Occident, de façon générale, les équipes de football professionnelles commencèrent à voir le jour dans la période de l’entre-deux-guerres quand il apparut que le football pouvait devenir un business intéressant. Des dispositions furent alors prises pour encadrer la nouvelle conjoncture : construction de grands stades avec tribunes pour accueillir des personnalités de marque, formation de personnel d’encadrement, recrutement de supporters, etc.

Dans le même temps, les conditions étaient réunies pour permettre aux matches de se dérouler correctement dans le calme. Mais l’affaire rapportant de plus en plus gros, les professionnels du secteur songèrent à recruter de manière plus responsable des gens chargés d’encourager l’équipe de leur choix avec des cris de soutien, des applaudissements et même les insultes adressés aux adversaires.

Dans les pays européens et latino-américains où le football est devenu une véritable industrie, ces supporters sont organisés en comités qui assistent à toutes les réunions du club et sont écoutés par les dirigeants. Et contrairement à ce qu’on pense généralement, ils ne font pas qu’aider seulement l’équipe avec leurs coups de gueule ; ils participent à la vie financière par les cotisations qu’ils payent en plus d’autres contributions financières qu’ils font lorsque le club va mal.

Donc, non seulement ils payent le transport pour se rendre sur les terrains, mais également achètent le billet d’entrée dans le stade en cas de crise financière, certains, puissants économiquement, n’hésitent pas à mettre la main à la poche pour aider l’équipe à se relever.

Actuellement dans beaucoup de pays dont ceux d’Afrique, le football est en passe de surclasser l’école moderne qui bat de l’aile en plusieurs endroits du continent et même du monde. Le fait qu’on y gagne rapidement beaucoup d’argent conduit les parents d’élèves à pousser leurs enfants vers les stades au détriment des salles de classe. Mais à bien garder de près, ce qui se passe en Europe avec les joueurs africains y évoluant, on se rend compte que dans leur masse il y a plus de déchets que de réussite.

Qu’il s’agisse de l’Europe et de l’Afrique, de l’Amérique ou de l’Asie, le football est né avec ses supporters qui ne sont pas toujours sages et pacifiques. Dans les années 1970-1980 apparut en Occident, plus précisément en Angleterre, une forme particulièrement violente de soutien à l’équipe et qu’on a appelé le hooliganisme parce que ses principaux acteurs portaient des blousons noirs.

Ces supporters anglais, lorsque leur formation était en difficulté, soit par chauvinisme, soit par calcul ou dépassés par l’alcool, commettaient des actes de violence et de vandalisme sur les terrains de football. L’origine de ce phénomène étant la passion pour le football, il a fini par gagner l’Afrique où sporadiquement des supporters s’affrontent à l’issue des rencontres, souvent pour un match perdu ou mal arbitré.

Mais, les cas les plus violents se produisent surtout en Europe où à l’occasion des rencontres internationales, les autorités sont obligées de mobiliser d’impressionnantes forces de l’ordre pour surveiller les stades et empêcher les hooligans de sévir.

Chez nous, le phénomène gagne du terrain pour des raisons différentes de celles de l’Europe et qui ont trait aux moyens matériels et financiers colossaux mis à la disposition de l’équipe nationale pendant que le peuple croupit dans la misère. Dans ces conditions, une défaite apparaît comme injustifiable et les supporters désemparés, songeant au gâchis, n’ont de choix que de s’attaquer à tout ce qui bouge.

On peut supporter son équipe, mais pas à la déraison et à la démesure même si le football est un jeu de passion. Mais quand la défaite relève de négligences coupables suite à d’énormes gaspillages économiques au nom de l’équipe, la colère des supporters devient alors lisible.

Facoh Donki Diarra

04 Juillet 2008