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Dans la plupart des pays de la région ouest-africaine, l’agriculture pratiquée est une activité de subsistance dont les productions ont rarement permis d’assurer l’autosuffisance alimentaire faisant appel à peu de moyens mécaniques et même d’engrais et dont les productions en conséquence ne sont pas très élevées et sont même insuffisantes parfois pour couvrir les besoins alimentaires d’une année.

Dans beaucoup de pays, les méthodes de culture sont celles de l’ancien temps utilisant les cultures sur brûlis et le système de la jachère, autrement dit la possibilité offerte au sol de se reposer 3 ou 4 ans de suite avant d’être réoccupé.

Non seulement cette forme d’agriculture consomme peu d’engrais mais également sa mécanisation s’arrête à la culture attelée avec l’utilisation de bœufs, d’ânes ou de chevaux (selon les zones).

Dans les familles où la main d’œuvre est nombreuse, plusieurs champs sont coupés et cultivés pour accroître les rendements avec l’exploitation des champs de brousse et des champs villageois.

Les petites familles pratiquent une agriculture de proximité dont les productions suffisent à peine à boucler l’année. Le paysan de cette agriculture de routine sort rarement du cadre des cultures vivrières (mil, riz, sorgho) et de celui des cultures de rente imposées par l’Occident.

Les innovations techniques y sont rares, de même que les recherches sur les plantes et les espèces vivrières.

Cet immobilisme est la grande différence avec l’agriculture scientifique qui a envahi l’Occident dès le début du XIXe siècle. Amenée par les progrès scientifiques et techniques, cette agriculture dite industrielle aussi utilise massivement la mécanisation et les engrais aussi bien organique que chimique.

Non seulement elle est fortement mécanisée avec l’utilisation tous azimuts des tracteurs, mais elle est également surveillée et entretenue par l’Etat qui consent à la soutenir financièrement quand il le faut. De cette manière, selon les pays, elle bénéficie de grosses subventions de l’Etat qui lui permettent de s’équiper, de payer des journaliers et même de mener des recherches dans le domaine agricole.

Née en Occident avec la généralisation des progrès scientifiques et techniques, cette agriculture a fait d’énormes progrès depuis cette époque. Les chercheurs et les laboratoires d’analyses, à pied d’œuvre depuis des décennies, lui ont fait faire des bonds considérables en avant.

Ils sont notamment arrivés à obtenir des denrées dérivées des produits naturels à partir des moyens artificiels appelés organismes génétiquement modifiés (OGM) parce que les céréales et les plantes qui les ont portés n’ont pas suivi le cycle normal de croissance et de maturation, mais un cycle parallèle imposé par l’homme et la science.

Il en va ainsi du maïs transgénique, qui est une variété de maïs obtenue chimiquement à partir du maïs naturel et tout aussi consommable que le naturel.

Dans l’élevage, les mêmes procédés sont utilisés pour obtenir du bétail ou de la volaille à cycle de croissance très rapide et destiné aussi bien à la consommation intérieure qu’à l’exportation.
Le problème que posent ces OGM est leur consommation en raison des procédés scientifiques utilisés pour leur obtention et les substances manipulées pour accélérer leur évolution.

En Occident même, beaucoup de gens, à cause de l’incertitude sur ces aspects de la question, rechignent à les consommer sûrement par peur du cancer et des maladies liées à l’alimentation.

Mais beaucoup d’autres pensent aussi que ce sont des scientifiques de haut niveau qui sont à la base de cette opération et qu’il n’y a rien à craindre dedans. Quoi qu’il en soit l’Occident en produit en quantité considérable maintenant et avance même l’idée que leur prolifération pourrait être un moyen de lutter contre la faim dans le monde.

L’objectif de l’agriculture qui produit les OGM est de faire la surproduction en quantité et en qualité et de réaliser d’énormes profits.

C’est pourquoi ses acteurs, les agriculteurs occidentaux ne sont pas des analphabètes comme c’est le cas chez nous, ce sont le plus souvent des universitaires et des diplômés des grandes écoles qui ont choisi ce métier par amour et en sachant tous les avantages qu’ils peuvent en tirer.

Ils ne lésinaient donc pas sur les moyens de faire avancer leurs entreprises agricoles et y investissent massivement. D’où la production des OGM pour faire plus de profit, même si cela se fait souvent sur des bases pas du tout orthodoxes.

Mais il ne faut pas se faire d’illusion, les OGM coûtent tellement cher que présentement, exempté peut-être l’Afrique du Sud et le Nigeria, très peu de pays africains peuvent les produire, même en petite quantité, pour la consommation intérieure.


Facoh Donki Diarra

30 Mai 2008