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Alors que la méningite fait des ravages à Sikasso où 196 cas, dont 19 décès sont enregistrés, c’est le silence radio du côté des autorités qui ont la propension de tout peindre en rose. Il y a urgence.

La méningite, processus inflammatoire d’origine généralement infectieuse atteignant les méninges, c’est-à-dire l’ensemble des formations recouvrant l’encéphale et la moelle épinière, sévit depuis janvier dans notre pays. Elle a déjà causé la mort de 22 personnes sur un total de 345 cas enregistrés sur le territoire national. C’est la région de Sikasso qui est la plus touchée par cette maladie d’origine virale, propice en période de chaleur. L’on y a détecté 196 cas dont 19 décès.

Le hic est que, jusque-là, les autorités sanitaires ne semblent pas en faire une préoccupation majeure. Faudrait-il une hécatombe, à l’image de celle qui s’est passée au Burkina Faso (plus de 400 victimes de méningite entre janvier et février 2007) pour prendre des précautions.

Au Mali, les premiers cas ont été enregistrés depuis janvier 2007, mais aucune disposition n’est prise pour combattre la maladie qui ne cesse de se propager. Pas même des messages de sensibilisation à l’endroit des populations à la télévision nationale et sur les ondes des radios locales.

Black-out

Le directeur national de la santé, « soldat de terrain », ne veut apparemment pas troubler la campagne électorale avec de si mauvaises nouvelles. Et surtout, dans un contexte, où tout est peint en rose. Pour ne pas en parler, il prétexte des réunions à n’en pas finir pendant que de pauvres citoyens victimes de méningite attendent avec impatience des vaccins et des médicaments à l’intérieur du pays.

Les signes cliniques sont les mêmes que pour les méningites bactériennes (fièvre, céphalées, vomissements, raideur de la nuque) mais avec un état général peu altéré. Une fièvre associée à des céphalées, des vomissements, une photophobie, sont le plus souvent retrouvés à l’interrogatoire du grand enfant atteint de méningite bactérienne. L’examen clinique permet de retrouver une raideur plus ou moins importante à la flexion de la nuque et éventuellement un signe de Kernig positif. Par contre, chez le nourrisson, une raideur de la nuque est très rarement présente.

Mis à part les méningo-encéphalites herpétiques et néoplasiques, les méningites virales guérissent spontanément en 3 à 8 jours, ne nécessitant pas de traitement particulier. Des patients immunodéprimés peuvent éventuellement bénéficier d’un traitement antiviral.

Il urge, pour les autorités, de prendre toutes les dispositions pour arrêter les ravages de cette maladie.

Sidiki Y. Dembélé

11 avril 2007.