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OnTheLine. En cas d’envoi d’une force ouest-africaine au Mali : Ançar Dîne menace de porter la guerre dans chacune des capitales de la CEDEAO.

Dans une interview diffusée le vendredi 24 août par la Radio Futur Média (RFM) de Dakar, Oumar Hamha, qui se présente comme le numéro 2 de Ançar Dîne, déclare que cette organisation ne croit pas à l’envoi d’une force militaire de la CEDEAO pour libérer le nord du Mali occupé depuis cinq mois par des groupes armés islamistes et terroristes. « Nous n’y croyons pas.

C’est un bluff, un mirage. Ils ne le feront pas ». Il explique : « Le Mali disposait de 15 000 hommes bien entraînés et bien équipés, qui connaissaient parfaitement le terrain et que nous avons contraints à l’abandonner parce qu’ils avaient en face d’eux des hommes déterminés, prêts à mourir pour la cause divine ». Puis, usant volontiers du mode ironique, il s’interroge : «Que peuvent 3000 hommes venant d’horizons divers et attendant des fonds de l’ONU ? ».

Et de répondre : «Nous les mettrons en déroute comme nous l’avons fait des Maliens ». Avant d’enchaîner : « Si, par extraordinaire, les troupes de la CEDEAO venaient à être déployées, nous transporterions la guerre dans chacune des capitales des Etats membres». Et de préciser : « Nous avons des centaines de combattants qui sont prêts à se faire exploser et à mourir en martyrs. Parmi eux, des Sénégalais… »

Ces propos ont été jugés suffisamment graves par les responsables de la sécurité au Sénégal pour que le directeur de RFM, Alassane Samba Diop, ait été entendu, dès le lendemain samedi 25 août, par la Division des Investigations Criminelles (DIC) qui lui a demandé de « rester à la disposition de la police » pour les besoins de l’enquête ouverte.

Moralité de l’histoire : plus le temps passe sans que la force ouest-africaine ne soit déployée, plus Ançar Dîne (et probablement ses alliés AQMI et le MUJAO) gagnent en assurance et peaufinent une stratégie de riposte qui pourrait rendre plus complexe et donc plus longue la reconquête du nord du Mali.

Saouti Haïdara (Dakar)

L’Indépendant du 28 Août 2012