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Les travaux de la Mission technique d’évaluation des experts de la CEDEAO, de l’Union africaine, et des Nations unies ont pris fin hier à l’Ecole de maintien de la paix Alioune Blondin Bèye.

Rappelons que l’équipe technique d’évaluation qui était arrivée le 6 juillet dans notre capitale était chargée d’analyser pendant deux semaines (du 7 au 18 juillet) la question relative à un éventuel déploiement de forces africaines dans notre pays.

Au cours des discussions et échanges, les militaires maliens sont tombés d’accord sur un certain nombre de points. Concernant l’intégration d’officiers d’état-major et du personnel civil, les deux parties ont accepté un accord de principe pour la proposition d’intégration d’officiers d’état-major de la CEDEAO au sein du centre de coordination des opérations. L’assistance d’équipes spécialisées de la MICEMA, fait également partie des points de convergence.

La visite des experts sur les sites à sécuriser a permis à la Mission d’évaluation de noter des insuffisances dans le dispositif sécuritaire. Pour combler ces faiblesses, la Mission et l’équipe malienne ont convenu de renforcer des capacités des forces de sécurité en détection d’explosifs, mines, métaux.

Les deux parties préconisent aussi la mise à disposition d’instructeurs sur les équipements nouveaux, et le renforcement des capacités de la police scientifique. Cependant malgré ces convergences de vue, la partie malienne a émis des réserves.

Elle estime que l’insistance sur le déploiement d’une unité militaire de la CEDEAO à Bamako pourrait soulever plus de problèmes que de solutions, étant donné que la priorité du Mali est la reconquête des régions du nord occupé par des groupes armés. Certains détails techniques font également l’objet de réserve des Maliens.

Le Mali juge ainsi inopportun le déploiement d’un hôpital militaire de niveau 2 à Bamako au regard du plateau technique existant. L’installation d’une base logistique dans la capitale est jugée non conforme dans la mesure où les forces militaires de la CEDEAO sont supposées se trouver plus proches de la ligne de défense à Sévaré.

Le Mali a présenté à la Mission ses préoccupations en trois phases : la sécurisation des institutions de la Transition, la réorganisation des forces de défense et de sécurité et l’opération de reconquête des régions Nord. Mais les Maliens ont eu l’impression que la délégation de la CEDEAO n’accorde pas un intérêt particulier à la dernière phase.

De même que les requêtes de notre pays relatives aux fonctions opérationnelles comme le renseignement, le soutien aérien n’ont pas véritablement retenu l’attention de la Mission. Même l’aspect humanitaire n’a pas été pris en compte par les travaux.

Le ministre de la Défense et des Anciens Combattants Yamoussa Camara s’est néanmoins dit satisfait des résultats auxquels sont parvenues les deux parties, en relevant que la rencontre a permis d’appréhender dans ses différentes dimensions, la problématique sécuritaire du Mali, telle que perçue par les populations et les autorités. « Les difficultés d’un tel exercice, a expliqué Yamoussa Camara étaient prévisibles en raison de la complexité des défis et des attentes.

Par ailleurs, le ministre de Défense et des Anciens combattants a précisé que la force qui va être chargée de sécuriser les institutions de la République n’est pas une nouvelle unité contrairement à ce que beaucoup de nos compatriotes ont pu comprendre.

L’initiative du gouvernement (la mise sur pied d’un corps d’élite indépendant de 1200 éléments chargés d’assurer la protection des Institutions de la République) doit être considérée comme un renforcement de capacités et non comme la création d’une nouvelle unité.

Cheaka Abdou Touré représentant spécial du président de la commission de la CEDEAO, chef de mission de la CEDEAO au Mali a remercié les autorités maliennes de leur disponibilité. Et a promis de transmettre les conclusions de la mission dans un bref délai aux décideurs. Il assure que le Mali sera aidé car il mérite de l’être.

jeudi 19 juillet 2012, par Sibiri Konaté

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