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La Coordination des organisations patriotiques du Mali (Copam) ne décolère pas. Vendredi, elle a battu le pavé pour s’opposer à la présence de forces de la Cédéao au Mali et réclamé la levée de l’embargo sur des armes dans des pays voisins. Elle persiste dans son refus de reconnaître la première institution de la transition.

Ils étaient 200 ou 300 Maliens à répondre, le 28 septembre 2012, à l’appel de la Copam pour une marche sur le ministère de la Défense et des Anciens combattants en vue d’exprimer le soutien de cette organisation de la société civile aux forces armées et de sécurité maliennes dans la reconquête des villes et villages du Nord sous la coupe des islamistes d’Ançar Eddine et d’Aqmi.

Faisant d’une pierre deux coups, ils ont aussi réclamé des pays voisins notamment de la Guinée Conakry, la levée de l’embargo que ce pays exercerait sur l’armement malien. Une marche avait déjà été organisée auparavant sur la représentation guinéenne par une autre association afin que la Guinée libère les armes.

Mais la marche de vendredi dernier avait un autre objectif, celui de marquer le désaccord de la Copam sur l’envoi d’une force de la Cédéao au Mali, « l’arrivée de la Cédéao déclenchera la guerre civile au Mali », « Non à la Cédéao » ou encore « Dioncounda Traoré, proconsul de la Cédéao » étaient entre autres slogans inscrits sur des banderoles brandies tout au long de la marche qui avait pris son départ sur la place de la Liberté.

Dans une déclaration lue par le président de la Copam, Younouss Hamèye Dicko au seuil du département de la Défense, la Copam n’est pas tendre avec la Cédéao, qualifiée de tous les maux partout où elle a eu à intervenir (Sierra Leone, Liberia, Côte d’Ivoire).

Le président de la transition, Dioncounda Traoré, n’a pas échappé au courroux de la Copam qui, par la voix de son président, a réaffirmé que son mandat était terminé depuis le 22 mai et que toutes les décisions prises après dont la dernière, c’est-à-dire la requête formulée par le président à l’intention de l’ONU pour une résolution autorisant l’envoi de la force de la Cédéao au Mali, était nulle et non avenue.

Cette sortie de la Copam ne surprend guère et démontre à quel point des Maliens ont décidé de prendre l’avenir en otage. De nombreux compatriotes subodorent un patriotisme à contresens à la Copam. Même son mentor, le capitaine Amadou Haya Sanogo qui était aux premières heures du coup de force contre l’envoi de troupes de la Cédéao, s’est ravisé en acceptant l’aide que l’organisation veut bien offrir au Mali en butte à la plus grave crise sécuritaire de son existence.

Pourquoi la Copam continue-t-elle de ramer à contre courant ? Elle est la seule à pouvoir répondre à cette question.

Denis Koné

02 Octobre 2012