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Le fleuve Niger est considéré comme la colonne vertébrale de l’économie malienne. Avec ses 4200 km de parcours, il traverse beaucoup de régions agro-climatiques et socio-culturelles en Afrique de l’Ouest.

De la Guinée (où il prend sa source) au Nigeria (son embouchure) en passant par le Mali, le Niger, ce fleuve forme un bassin d’environ deux millions de km2. Sa valeur s’exprime également par l’importance de ses affluents et défluents et des grands lacs qui le composent (lac Débo, delta du Niger au Mali).

Tout ce système est alimenté par le fleuve et procure aux populations riveraines de sérieuses potentialités pastorales et agricoles avec des ressources extrêmement importantes en eau. D’une existence lointaine, ayant subi de nombreuses difficultés de trajectoire dues aux reliefs et aux sécheresses, les historiens estiment que le fleuve existe depuis le Néolithique.

Le fleuve est présentement menacé par des nombreux facteurs qui sont d’ordre climatiques et écologiques.

Face à l’ampleur de la menace sur ce fleuve, on est en droit de croire à la thèse de l’historien malien selon laquelle, «le jour où le fleuve Niger ne serait pas là, le Mali sera le néant». Ceci appelle à une exploitation optimale des ressources et surtout à la protection du fleuve contre les efforts nuisibles.

En effet, le Niger est menacé par les changements climatiques, l’avancé du désert, l’ensablement et le déboisement des bassins versants. Les observations météorologiques attestent que les crues du fleuve sont en baisse progressive. Et l’hydraulicité du fleuve en souffre. Aussi, la pollution et la menace de la jacinthe d’eau, tout comme d’autres plantes proliférantes, constituent des menaces écologiques.

Ces menaces interpellent tous les usagers du fleuve à l’adoption de mesures plus souples et respectueuses du cours d’eau. Conscient du danger qui guette ce fleuve, le ministère de l’Environnement et de l’Assainissement entend mettre tous les moyens pour préserver ce patrimoine. Le ministre a réitéré, à l’occasion de la neuvième édition de la quinzaine de l’environnement, sa volonté de préserver les fleuves qui traversent le Mali.

C’était au cours d’une visite exploratoire du Niger organisée par l’Alliance au Mali pour l’environnement (AMEN) et l’Agence du bassin du fleuve Niger (ABFN), le 7 juin dernier. Cette visite avait pour objectif de rappeler les différentes menaces qui pèsent sur le fleuve afin de permettre un sursaut contre tous les effets nuisibles.

Elle a permis à la délégation de visiter un îlot au centre de l’eau à l’est du pont Fahd. Là, le ministre Agatham Ag Alassane a expliqué qu’il est nécessaire d’aménager tous ces genres d’îlots qui se trouveront sur les fleuves. Aussi, il a procédé une extraction symbolique de la jacinthe d’eau sur les berges.

Seydou Coulibaly

13 Juin 2008