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Dimanche dernier, au Square Patrice Lumumba, la cérémonie de lancement des activités de l’Association Bamako ville impeccable (ABVI) a eu lieu, sous la présidence Nancoman Kéïta ministre de l’Environnement et de l’Assainissement.

Etaient présents, Amadou Tandia Directeur Régional de l’Assainissement et du Contrôle des Pollutions et des Nuisances, Bandiougou Diawara président de l’ABVI, ainsi qu’une foule nombreuse.

La cérémonie a débuté par un sketch interprété par la troupe théâtrale “Tamarokènè” dans lequel, les citoyens sont interpellés par la pollution de l’environnement.

Mr Tandia, dans son exposé sur les déchets liquides, a expliqué que les populations maliennes se trouvaient dans des conditions d’hygiène précaires et que généralement, ces dernières, utilisaient les ouvrages d’assainissement individuels, comme les latrines traditionnelles, fosses sceptiques et puits perdus.

De même, la plupart des unités industrielles et hôtels, ainsi que les teinturières artisanales déversent sans traitement ou neutralisation, leurs déchets dans la nature.

Latrines traditionnelles, fosses sceptiques et puits perdus sont souvent, source de nuisance et de contamination de la nappe phréatique et des eaux de surface, selon Mr Tandia.

Pour le Directeur Régional de l’Assainissement et du Contrôle des Pollutions et des Nuisances, les conditions d’évacuation sont souvent insatisfaisantes.

La pratique consistant à faire évacuer les eaux usées des toilettes et de teinturerie dans les caniveaux, les collecteurs, sur les terrains vagues et même dans le fleuve, a été fortement décriée par Mr Tandia, qui considère cette dernière, comme un crime contre la société, car ce sont ces eaux stagnantes qui nourrissent moustiques et autres insectes nuisibles.

Pour le président de l’ABVI, il ne saurait y avoir de véritable développement de notre pays sans une bonne santé des populations qui passe par un environnement assaini. Et « assainir, c’est réduire les factures médicales des populations », a-t-il estimé.

Le district de Bamako, selon Mr Diawara, souffre de son état d’insalubrité, se traduisant par la prolifération des déchets ménagers, des dépotoirs anarchiques, des déchets plastiques, l’inexistence d’une technologie adéquate, l’absence de gestion des rejets provenant de l’industrie et l’artisanat, de décharges finales ne répondant pas aux normes environnementales.

Tout en saluant le ministère de l’Environnement, les autorités du District de Bamako, ainsi que les maires des Communes III, V et VI pour leur appui, le président de l’ABVI a préconisé l’idée d’inciter les citoyens à prendre des initiatives, afin que Bamako devienne une ville impeccable, en lui donnant un autre visage, pour qu’elle soit enviée dans toute la sous région.

Initiative de l’ABVI comparable selon le ministre de l’Environnement et de l’Assainissement, à celle lancée par ATT en 2003 intitulé “initiative citoyenne”, a été saluée par ce dernier.

La préservation du cadre de vie est un serment pour tous, a affirmé le ministre Kéïta.
Aussi, la problématique de l’environnement, estime-t-il, est le support le plus déterminant de la vie, d’où le devoir de chaque citoyen de se mettre à l’abri des pollutions et nuisances, ainsi que toutes sortes de détérioration à l’occasion de ses actes quotidiens de production ou de développement.

Déchets plastiques, prolifération de quartiers spontanés, dues à la paupérisation persistante des campagnes dans les grandes villes du Mali, constituent également de nombreux et graves problèmes environnementaux, a indiqué le ministre Kéïta.

Ainsi, malgré les efforts importants d’investissements de l’Etat, on se trouve devant le spectre persistant de l’insuffisance d’équipements collectifs, a estimé le ministre.

Le ministre a également évoqué la pollution du fleuve Niger, à laquelle il a préconisé comme solution, le changement du système de communication pour le changement de comportement, l’intégration de la dimension environnementale dans toutes les actions de développement, la dotation des villes de plan stratégique d’assainissement comme outil de gestion et de planification, entre autres.

Par finir, le coup d’envoi des activités a été donné par le ministre avec le premier coup de balai sur l’artère près de l’INPS.

La caravane de l’assainissement s’est alors ébranlée, en direction de la Tour de l’Afrique.

20 septembre 2006.