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Ce point de presse a été précédé par une visite guidée de la décharge finale des déchets de la Direction Nationale de l’Assainissement et du Contrôle des Pollutions et des Nuisances (DNACPN) sise à 35km de Bamako sur la route de Koulikoro. Kissima Magané et Zankai Fané, tous les deux députés à l’Assemblée nationale et membre de la commission développement rurale, les autorités communales, ainsi que les populations riveraines étaient présents.

Sur le site de Noumoubougou, trois conteneurs sont juxtaposés sur une superficie de 50 hectares dont 30 clôturés pour l’instant. Aux dires du Coordinateurs du PASP-Mali, Demba Sidibé et le spécialiste en gestion des pesticides, Cheick Hamalla Sylla, deux des trois conteneurs contiennent des déchets obsolètes qui seront évacués vers l’Europe de l’Ouest en 2009, pour y être incinérés dans des usines adaptées.

« Ce n’est qu’un dépôt transitoire », ont-il cependant rassuré. Quant au troisième container, M. Sylla, le spécialiste des déchets pesticides a affirmé qu’ « on ne peut pas l’ouvrir pour des raisons de sécurité sanitaire… », avant d’ajouter qu’ils « font l’objet d’un suivi régulier ». La presse n’a pas pu constater le contenu des conteneurs. Pourtant la promesse avait été faite par le Coordinateur du PASP-Mali, Demba Sidibé, que les deux containers seront décadenassés afin de dissiper les zones d’ombres qui subsistent. Ce qui a créé une frustration chez les populations sur le terrain.

« Vous voyez, ils ne veulent pas vous faire voir ce qui est à l’intérieur de ces conteneurs. C’est parce que, c’est un produit hautement dangereux », a dénoncé un villageois. « Depuis l’arrivée de ces déchets obsolètes, nous souffrons, plus précisément les enfants. Ceux-ci ne font que tousser. Que ces produits soient toxiques ou pas, ils ne sont pas les bienvenus ici chez nous à Noumoubougou », a ajouté Tiensé Diarra, chef du village. Cependant, nous n’avons pas eu le temps de vérifier les cas de maladies.

Pour les deux élus locaux, « ce n’est pas la présence de la décharge qui pose problème mais le fait que les populations riveraines ont été mises devant le fait accompli ». Et le Coordinateur du PASP-Mali de dire que les populations ont été informées à travers la radio de Koulikoro et l’ORTM après l’installation du site. « Le PASP-Mali est victime de son succès. C’est moi qui ai informé les populations sur la nocivité des déchets obsolètes. Comment se fait-il que nous venions installer des sites de décharge de pesticides obsolètes nuisibles à la santé de ces mêmes populations ? »

La réaction du maire est catégorique : « avant qu’on nous parle d’indemnisation plus tard comme ça a été le cas en Côte d’Ivoire, nous ne voulons pas ces genres de décharge dans notre commune. Lors du passage du ministre de l’Environnement et de l’Assainissement, nous lui avons clairement répété les mêmes propos. Mais l’ORTM a tronqué mon interview de 6 minutes en 3 secondes, en me faisant dire que nous sommes rassurés de l’entreposage des pesticides obsolètes. C’est faux et archifaux. » Nous y reviendrons !

Adama Diarra

Le Pouce du 12 Septembre 2008