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«Au regard de la non encore confirmation de la candidature du président sortant à sa propre succession; au regard de l’envahissement maladroit et mal venu des zélateurs autour du président dans le champ politique; au regard de la paupérisation et des réelles difficultés de vie de la population malienne; au regard du crédit et de la place que le RPM occupe dans l’opinion nationale et internationale; au regard de l’espoir de changement véritable dont le RPM est porteur; au regard de la très probable victoire du parti aux couleurs or-vert, trois hypothèses se posent comme défi au chef de l’Etat. D’abord, il décide de se porter candidat, sa défaite est plus probable que sa victoire. Il n’y a pas de honte à cela parce que pour gagner, il a dû battre d’autres. Y aura-t-il malheur qu’il soit battu? L’histoire est remplie de tels exemples. Ensuite, le président peut, dans sa sagesse, renoncer à être candidat bien que cela soit son droit démocratique. Enfin, après une analyse rigoureuse et sincère du bilan de sa gestion, il peut décider de démissionner de ses responsabilités de chef d’Etat, ce qui provoquera la mise en application des dispositions de la Constitution qui gèrent un tel cas».

A 48 heures du deuxième congrès ordinaire du RPM, qui sera celui de l’investiture de IBK à la présidentielle du 29 avril 2007, nous avons rencontré le Secrétaire politique de ce parti, Bakary Konimba Traoré, alias «Pionnier». Ces propos constituent le clou de l’entretien exclusif qu’il a bien voulu nous accorder. C’était au siège du parti à l’Hippodrome.

Indépendant : Le dimanche 28 janvier, votre parti organisera son deuxième congrès ordinaire. Sous quel signe l’événement est-il placé ?

Bakary Konimba Traoré : Un congrès est toujours un moment important et cardinal pour un parti politique. Nous rendons grâce à Dieu qui fait que nous l’abordons avec calme et sérénité. Nous devons noter que le RPM est la première formation politique parce qu’alignant plus de 40 députés à l’Assemblée nationale. C’est aussi le parti dont la victoire du président à l’élection présidentielle de 2002 a été spoliée. C’est ce même parti, le RPM, qui a géré avec sérénité, calme et responsabilité les résultats contestés des élections de 2002. C’est aussi le RPM qui porte la plus grande part de responsabilité pour ce qui est de la paix, de la stabilité politique que le Mali connaît. Ce qui le plus souvent ne lui est pas reconnu par beaucoup d’acteurs politiques qui le savent pourtant bien. Dès lors, il apparaît naturel que le deuxième congrès ordinaire du RPM soit perçu comme un événement cardinal dans l’avenir politique du Mali. Ceci d’autant plus qu’à l’occasion de cet événement placé sous le signe de l’espoir à combler du peuple malien, le parti va investir son candidat à l’élection présidentielle d’avril 2007 en la personne de son président El Hadj Ibrahim Boubacar Kéïta.


L’Indép. : Monsieur le secrétaire politique, 14 partis ont signé une plate-forme pour soutenir ATT au scrutin présidentiel. Pourquoi le RPM qui a collaboré avec ce dernier n’a-t-il pas également adhéré à cette plate-forme ?

B.K.T : Nous n’avons pas collaboré. La collaboration a une connotation pétainiste. Nous avons de façon responsable accompagné le président de la République dans l’exercice du pouvoir qu’il a obtenu grâce à notre appui puissant au second tour. C’est notre sens de la patrie qui nous a guidés dans le choix d’être à ses côtés sans renoncer aucunement à notre devoir de vigilance vis-à-vis des actes posés et notre devoir de rester jalousement attachés à la défense des intérêts fondamentaux de notre peuple.

C’est pourquoi, devant les élections de 2007 notre conscience de vrai démocrate exige de nous d’être candidat non seulement pour relever le niveau et la qualité de la compétition politique mais aussi pour réaliser l’alternance politique fondée sur notre projet de société, notre programme politique qui sont une réelle alternative politique crédible pour notre pays. Nous avons plutôt vu 14 chefs de partis adhérer à l’ADP sans être assurés auparavant de l’accord et de l’adhésion de leurs propres militants et sympathisants et même des fois sans être en accord avec l’esprit et la lettre des textes qui fondent certains partis concernés.

L’Indép. : Voulez-vous parler de l’ADEMA ?

B.K.T : Pas strictement ou uniquement, il est fort possible que d’autres partis soient dans le même cas. Une différence fondamentale entre le RPM et ces autres partis vient du fait que le parti des Tisserands croît sans prétention, très sérieusement à sa victoire si les élections sont propres, libres et régulières.

Le RPM croit que son devoir démocratique et sacré est de solliciter la confiance et les voix du peuple malien pour l’exercice démocratique du pouvoir.


L’Indép. : A vous entendre parler, vous êtes sûrs de remporter la présidentielle sur ATT. Sur quoi vous vous fondez pour soutenir de telles déclarations ?

B.K.T : Non ! Ma parole ne saurait être divine. La certitude est seulement divine. La conviction, la volonté, la probabilité de gagner sont humaines donc relatives. Toutes choses étant égales par ailleurs, au regard des derniers résultats de 2002, au regard des impairs et des dérives que le pouvoir a posés malgré nos avertissements contre certains principes cardinaux de la démocratie, au regard de la non encore confirmation de la candidature du président sortant à sa propre succession, au regard de l’envahissement maladroit et mal venu des zélateurs autour du président dans le champ politique, au regard de la paupérisation et des réelles difficultés de vie de la population malienne, au regard du crédit et de la place que le RPM occupe dans l’opinion nationale et internationale, au regard de l’espoir de changement véritable dont le RPM est porteur, au regard de la très probable victoire du parti aux couleurs or-vert, trois hypothèses se posent comme défi au chef de l’Etat.

D’abord, il décide de se porter candidat, sa défaite est plus probable que sa victoire. Il n’y a pas de honte à cela parce que pour gagner, il a dû battre d’autres. Y aura-t-il malheur qu’il soit battu ? L’histoire est remplie de tels exemples. Puis, le président peut dans sa sagesse renoncer à être candidat bien que cela soit son droit démocratique. Enfin, après une analyse rigoureuse et sincère du bilan de sa gestion, il peut décider de démissionner de ses responsabilités de chef d’Etat, cela provoquera la mise en application des dispositions de la Constitution qui gèrent un tel cas.

L’Indép. : Revenons au parti pour parler de l’implantation sur le territoire national. Que valent en réalité les Tisserands ?

B.K.T : Comme pour tout grand parti digne de ce nom, le RPM s’organise pour couvrir un territoire très vaste comme le Mali et convaincre le maximum de personnes de différentes obédiences, consciences, activités socioprofessionnelles.

Le RPM qui est dans sa sixième année d’existence continue son effort incessant d’élargissement et de renforcement de ses structures tant dans le pays qu’à l’extérieur.

Le résultat atteint est solide, prometteur mais reste ouvert et disponible pour une dynamique encore plus active d’implantation et d’approfondissement. Le noyau actuel existant constitue la masse critique à partir de laquelle des succès encore plus grands sont envisageables.

En définitive, je peux vous assurer que la santé du RPM est solide sans oublier qu’elle peut être soumise à de futures épreuves. Le régime auquel il se soumet le prépare à résister victorieusement à ces défis quelque grands qu’ils fussent.

Entretien réalisé par Chahana TAKIOU

26 janvier 2007.