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La campagne agricole a été satisfaisante à l’Office pour le développement rural de Sélingué (ODRS). Les récoltes ont été de 6 à 7 tonnes à l’hectare. L’ODRS a pu mettre en valeur 2700 hectares en maîtrise totale de l’eau. Selon le Directeur Ousmane Maiga, la saison a été bonne avec une très bonne qualité de riz. Si la culture du riz a été bonne, la pêche quant à elle ne donne plus les résultats satisfaisants. Cela s’explique par le fait que les paysans qui sont en même temps pêcheurs se sont déplacés vers les zones aurifères de la Commune de Baya. Par ailleurs, l’ODRS a besoin de rénover ses infrastructures qui datent de 1996. En marge des activités de la première édition du festival international de Sélingué, tenue du 2 au 4 mars 2012, nous avons eu un entretien avec le Directeur général de l’office du développement rural de Sélingué. Suivez !

Pouvez-nous parler des missions de l’ODRS ?

Ousmane Maïga : l’Office du développement rural de Sélingué, l’ODRS, a pour mission de promouvoir la zone d’intervention de l’Office de développement rural à Sélingué. Cette zone est composée de Sélingué, Manikoura et Yanfolila. Nous faisons la promotion de la culture du riz, le projet aloétique, la pêche et la pisculture. Nous nous occupons de l’environnement, en un toutes les activités connexes du développement incombe à l’office de développement rural de Sélingué dans sa zone d’intervention.

Quel bilan tirez-vous de la campagne agricole passée ?

Ousmane Maïga : elle s’est très bien passée contrairement à la tendance générale de cette année où nous avons connu un déficit pluviométrique. Nous avons pu mettre en valeur près de 2700 hectares en maîtrise totale d’eau. Les productions se sont très bien comportées surtout le riz irrigué. Nous avons fait une très bonne récolte, nous avons pu avoir 7 tonnes à l’hectare. Nous avons eu une très bonne quantité et une très belle qualité de riz. Mais nous avons à l’idée de tirer le bilan officiel de notre campagne pour tirer des enseignements, pour savoir quel nombre de tonnage nous avons eu de façon générale. C’est aussi l’occasion de corriger les difficultés et pouvoir bien préparer la campagne de contre saison qui va débute dans le courant de ce mois.

Vous avez parlé de riz qu’en est-il des autres céréales ?

Ousmane Maïga : les cultures sèches ont connu quelques difficultés, parce qu’en plus du riz, nous faisons des cultures sèches comme le maïs et le mil. Effectivement nous avons souffert du déficit pluviométrique. C’est pourquoi nous avons développé un programme spécial de maraîchage qui nous a permis de mobiliser tous les acteurs qui étaient dans la culture sèche. Ça ne va pas remplacer les cultures sèches mais c’est un bon amortisseur pour permettre à ces paysans de soulager leur déficit alimentaire.

Que dire de la pêche et de la pisciculture ?

Ousmane Maïga : Nos producteurs sont aussi des pêcheurs. Là aussi les choses se sont très bien passées cette année mais nous avons quand même eu des difficultés notamment les populations qui sont allées dans les mines d’or. Aujourd’hui dans toute la zone, il y a des mines traditionnelles qui font leur apparition. Certains ont préféré se mettre dans ces zones là au lieu de s’adonner à l’agriculture. Dans nos perspectives, nous sommes en train de faire une campagne de sensibilisation pour que nos bras valides puissent revenir. Nous sommes sûrs et certains qu’avec la contre saison, on va pouvoir renforcer la campagne d’hivernage mais aussi combler le déficit alimentaire que certains ménages ont connu dans la zone.

Ça fait 3 jours que nous sommes à Sélingué, nous constatons que le poisson se fait rare dans les marmites ?

Ousmane Maïga : comme on dit il y a le poisson, mais le poisson se trouve dans l’eau (rire). C’est parce que nous avons des difficultés avec les pêcheurs, qui aujourd’hui, se sont déplacés vers les zones traditionnelles d’exploitation de l’or. Ce qui fait que nous avons un problème de main d’œuvre. Il n y a pas suffisamment de pêcheur dans le lac. Ceux restant ont tendance à vendre le poisson beaucoup plus cher parce que la demande est très forte. C’est un peu la loi du marché, la demande est plus forte que l’offre. Mais nous allons trouver une solution à ce problème très bientôt.

On voit que vos infrastructures vieillissent, que comptez-vous faire pour les maintenir ?

Ousmane Maïga : Nous avons aussi à l’idée d’organiser une table ronde pour financer des projets majeurs tels que le projet de sécurité alimentaire et le réaménagement ou la réhabilitation de nos infrastructures de production. Comme vous le savez le barrage a été fait mais l’office a été crée en 1996. De 1996 à maintenant les infrastructures n’ont pas été réaménagées.

Ce qui fait que nous avons quelques difficultés de drainage, nos infrastructures se sont dégradées au fur et à mesure. Nous sommes en train de chercher des partenaires financiers et techniques pour réhabiliter ces infrastructures. Ce sont nos perspectives, nous avons beaucoup d’engagement avec le conseil d’administration. Nous avons eu l’accompagnement des autorités, nous estimons que les partenaires au développement vont suivre la cadence.

Sélingué vient de vivre la première édition de son festival, quel a été votre degré d’implication ?

Ousmane Maïga : Nous accompagnons le festival, parce que nous l’avons voulu, nous l’avons encouragé et nous sommes en train de l’accompagner. Nous avons participé aux activités de lancement. C’est sur l’esplanade de la carrière qui est aussi une de nos infrastructures phares, c’est une infrastructure portuaire qui est destinée aux marieuses pour le traitement et le transport du poisson frais. Nous avons mis cette infrastructure à leur disposition et nous avons fait un accompagnement. En plus de l’ensemble de l’ODRS qui est mobilisé pour la réussite de ce festival. Parce que l’ODRS aussi fait la promotion de la culture.

Avez-vous un mot de la fin ?

Ousmane Maïga : Je vous remercie pour l’intérêt que vous accordez à l’ODRS à travers nos activités. Nous sommes en pleine rénovation. Ce qui nous aidera à réussir notre mission qui est de faire le Mali une puissance agricole. Je pense que le ministre de la communication a organisé une concertation avec le département de l’agriculture où il disait en substance que les hommes de communication que vous êtes soient impliqués dans le cadre de l’accroissement de la production agricole. C’est aussi votre rôle, je crois que c’est important.

Le développement est un tout. Il a besoin de beaucoup d’acteurs et de beaucoup de compétences. Nous comptons sur vous pour sensibiliser nos paysans et nos différents partenaires qui doivent savoir que l’agriculture pourrait être le moteur de développement. Parce que c’est ce que nous connaissons le mieux. C’est là que nous pouvons honnêtement créer la différence avec les autres pays dans le cadre des différentes compétitions économiques. Nous avons le potentiel hydro-agricole et nous avons une forte tradition de culture de riz, de mil, maïs entre autres. Je crois que le Mali pourrait être une grande puissance agricole.

Entretien réalisé par Kassim TRAORE

L’Indépendant du 16 mars 2012