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Mme Kéïta Djénèba Kéïta est la présidente de l’association des veuves et victimes de guerre. Elle est la fille de feu le Colonel Abdoulaye Kéïta et de Sallé Soucko. Mariée le 22 mars 1987 au sous-lieutenant Zakaria Kéïta, elle est mère de famille, avec six enfants donc trois garçons et trois filles. Depuis le décès de son mari en mai 2011, cette technicienne supérieure de la santé est seule à se battre pour désormais élever ses enfants. Actuellement en service à la maternité de Kati, Mme Kéïta fait partie des femmes qui ont organisé la marche sur Koulouba. Elle a accepté d’accorder un entretien à l’Indépendant Weekend pour nous parler du sentiment qui anime les femmes de son Association après la prise du pouvoir par les militaires.

L’Indépendant Weekend: Quel sentiment vous anime après la prise du pouvoir par les militaires ?

jpg_veuve-keita.jpgMme Kéïta: Maintenant le pays est calme, c’est un atout. En réalité il y a eu beaucoup de morts. Nous nous réjouissons de ce coup d’Etat, parce que c’est ce que nous avons cherché et on peut dire que c’est une fierté pour nous les femmes veuves des militaires de Kati. Ce qui ne nous a pas du tout plu dans les actes du CNRDRE c’est la libération des ministres et autres personnalités arrêtés, notre souhait était que ces personnes soient jugées. Toutes ces personnes ont participé à la cherté des maliens. Nous ne pouvons même pas nourrir nos enfants.

Est-ce que vous les femmes veuves des militaires soutiennent le CNRDRE ?

Nous les veuves des militaires de Kati nous soutenons à 100% le CNRDRE et félicitons le capitaine Amadou Haya Sanogo et ses hommes pour cette victoire qu’ils viennent d’offrir à la nation. C’est nous les femmes de Kati qui ont été les premières à manifester contre la gestion des problèmes du Nord. Aujourd’hui il y a des colonels et des généraux dans les bureaux pendant que les enfants des pauvres sont envoyés à la boucherie au Nord. Ces cadres utilisent les enfants des pauvres comme armes de guerre, ce qui est inadmissible. Les choses ne se font pas dans la l’égalité, toujours les enfants des cadres militaires sont épargnés d’aller au front et ce sont les enfants des pauvres qu’on envoie à la boucherie.

Qu’est ce que vous avez trouvé d’illégal dans la gestion du Nord?

Selon moi, les nouvelles recrues doivent être épargnées dans de pareille situation, je pense qu’il faut envoyer les militaires expérimentés au front. Je vous confirme qu’aujourd’hui il y a trois généraux, et 11 capitaines qui ont failli à leur devoir au Nord parce que c’est a eux de donné l’ordre aux jeunes militaires de tiré sur les bandits ou pas. Donc à cause de leur incapacité ils n’ont pu combattre les bandits armés, et garantir l’intégrité territoriale au Mali.

Que reprochiez-vous au gouvernement d’ATT ?

Je vous affirme que le Nord était abandonné à ces bandits armés, et cette zone est devenue une zone de trafic de drogue, de tous genres d’affaires illégales. Rien n’allait plus dans ce pays ou la corruption, le laxisme, la fainéantise avaient pris le dessus sur tout. Lors des recrutements dans l’armée, le mouvement citoyen fournissait une liste de 100 à 150 personnes, tant que ces personnes n’étaient pas recrutées, les autres n’avaient pas droit à une place. Et ceux qui avaient droit à une place devaient débourser entre 200 et 300 000 FCFA. Pourquoi tout cela ?

Les membres de la Cedeao mandatés à venir au Mali ne sont plus arrivés. Quel message avez-vous à leur endroit ?

Je demande aux membres de la Cedeao de voir l’intérêt de la population, car 80% de la population malienne sont d’accord avec ce qui s’est passé. Le président ATT et ses hommes non pas été surpris, car lors de nos marches sur Koulouba nous avons demandé à son ministre de la défense, Sadio Gassama de prendre des précautions mais ils ont toujours négligé nos conseils.

Que savez-vous du capitaine, Amadou Haya Sanogo, le président du CNRDRE?

D’abord Je le félicite pour ce geste honorifique. Le capitaine Amadou Haya Sanogo est un homme juste, combatif et rigoureux dans tout ce qu’il fait. Il est capable de faire sortir le Mali de ce trou, parce que c’est un homme véridique, respectueux et qui a de l’amour pour son pays. C’est un homme très engagé et cela nous rassure.

Pensez-vous qu’il va rendre le pouvoir à un président démocratiquement élu? Si oui dans combien de temps?

Bien sûr, le capitaine Sanogo n’est pas venu au pouvoir pour s’éterniser, car ce n’est pas un héritage. Il est là pour assurer la transition et pour bien décanter la situation, il lui faut au maximum trois mois.

Clarisse NJIKAM

cnjikam2007@yahoo.fr

30 Mars 2012