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L’Indépendant : Monsieur Amadou Goïta, vous êtes le président de AMAS – ATT. On sait que votre organisation dédiée à la cause de du chef de l’Etat a fortement contribué à sa réélection. Aussi, ce dernier aurait – il promis un portefeuille ministériel qui n’est, malheureusement, pas tombé à votre regroupement. Quelle explication donnez – vous à cette situation ?


Amadou Goïta :
Il n’est pas exact de dire que le président nous a fait cette promesse. Il n’ y a pas ce genre de relation entre nous. AMAS – ATT a toujours manifesté un soutien inconditionnel au président ATT. Nous ne soutenons pas le pouvoir ATT, mais l’idéal que l’homme du 26 mars incarne. Donc, pour nous tout choix opéré par le président ATT est d’office accepté au sein de notre regroupement. C’est pour vous dire que notre soutien à ATT n’est pas lié à quelque chose.

Nous sommes des jeunes, hommes et femmes qui croyons en ATT et en tout ce qu’il fait ou entreprend. Je voudrais, en outre, remercier les militantes et militants de AMAS-ATT qui regroupe 21 associations lesquelles ont fédéré leurs énergies pour participer, de façon active, à la réélection de ATT. Qu’elles en soient remerciées pour leur engagement, leur détermination dans la campagne présidentielle d’avril dernier.


Nous croyons savoir que votre regroupement a bien dénoncé l’absence des jeunes dans l’équipe formée par Modibo Sidibé.

A.G: Je n’ai pas eu connaissance que l’AMAS ATT ait dénoncé l’absence d’un ou de plusieurs jeunes dans l’attelage gouvernemental conduit par le Premier ministre Modibo Sidibé. Cependant, il est fort possible que certains responsables ou même militants de notre Alliance soient mécontents de ce cette situation ou qu’ils soient même amenés à fulminer. Ce qui ne saurait nullement engager l’instance dirigeante de AMAS – ATT. Il est vrai que nous aurions été plus heureux s’il y avait eu un jeune dans le gouvernement. Mais, cela n’étant pas, l’essentiel pour nous, c’est de prendre en compte les préoccupations de l’ensemble de la jeunesse malienne. Je pense aux jeunes diplômés sans emploi, aux élèves et étudiants, aux sportifs maliens et même à la petite enfance. Je pense honnêtement que le PDES, une fois mis en route, pourrait résoudre de façon progressive les préoccupations essentielles des jeunes.

Vous semblez dire que la non-représentation de la jeunesse dans le nouveau gouvernement ne signifie pas la non prise en compte de ses difficultés?


A.G:
Effectivement. La main tendue du président ATT à la jeunesse ne date pas d’aujourd’hui. Il est l’ami des tout petits mais aussi des jeunes avec lesquels il a toujours été en phase.

Pour illustrer cette assertion, vous me permettez de vous rappeler qu’en 2004, dans le gouvernement de Ousmane Issoufi Maïga, un jeune du Mouvement démocratique, notamment de l’AEEM des années 1990, a été promu ministre. Vous avez donc compris que je parle de Moussa Balla Diakité. Ce n’est pas tout. Vous vous souvenez également du sommet Afrique – France, tenu à Bamako en décembre 2005, dont le thème choisi par le président ATT a porté sur : « la jeunesse africaine, sa créativité, ses aspirations et sa vitalité ». Par la suite, vous avez remarqué la construction d’infrastructures sportives, culturelles et artistiques dans toutes les régions du Mali et au profit des jeunes. Je vous ferai l’économie des nombreuses réalisations de l’Agence pour l’Emploi des Jeunes (l’APEJ).

Malgré ce bilan apparemment élogieux que vous décrivez en faveur de la jeunesse, le Conseil National des Jeunes(CNJ) la structure la plus représentative de la jeunesse malienne, s’est clairement démarqué du gouvernement de Modibo Sidibé, composé, encore une fois, sans la présence d’un seul jeune. Quel commentaire en faites – vous?
A.G : Je pense que le CNJ est mieux placé que moi pour défendre son opinion. J’ai lu effectivement la déclaration du CNJ à laquelle vous faites allusion et je ne crois pas qu’il se soit démarqué de l’équipe gouvernementale. A mon avis, le CNJ a simplement regretté le fait qu’il n’y ait pas eu de jeunes dans l’attelage gouvernemental. Mais à y regarder de près, nous avons une de nos jeunes sœurs de 34 ans, Mme Diabaté Fatoumata Guindo, qui figure dans le gouvernement. Vu son âge, personne ne contestera que la benjamine du gouvernement est dans la tranche d’âge considérée comme jeune.

Seulement voilà : elle n’est pas issue des rangs des structures représentatives de la jeunesse. Elle est membre d’une formation politique, le RND. Cependant, il faut que les uns et les autres comprennent que le président, quelle que soit sa bonne volonté, ne pourrait jamais combler les attentes de tout le monde, surtout dans la composition d’une équipe gouvernementale. Les compétences sont nombreuses, les postes sont limités.

Au-delà des équilibres politiques, régionales, voire ethniques, dans un environnement caractérisé par le banditisme à Kidal, le président vit d’autres réalités que nous ne maîtrisons. Aussi, la composition d’un gouvernement dans tous les pays du monde suscite-t-il des débats et des interrogations. Maintenant, nous devons tourner cette page, se ceindre les reins pour accompagner l’équipe de Modibo Sidibé qui bénéficie d’un préjugé favorable au sein de l’opinion publique. C’est le lieu pour moi de féliciter le choix porté sur ce proche collaborateur du président, un fin connaisseur des dossiers, un serviteur désintéressé de l’Etat.

Pour notre part, nous occuperons toute notre place pour accompagner le nouveau gouvernement et lui permettre, enfin, de relever les nombreux défis qui l’attendent.

Chahana TAKIOU

22 octobre 2007