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« Il fait nuit sur le royaume », a lancé le Premier ministre du royaume d’Abomey, dans le sud du Bénin, à quelque 30.000 personnes venues se recueillir ce weekend pour célébrer la disparition du souverain local, Dadah Dédjalagni Agoli-Agbo, survenue début juillet. De nombreux députés et membres du gouvernement ont également fait le déplacement jusqu’à Abomey, capitale de ce royaume vieux de quatre siècles, autrefois connu sous le nom de royaume du Dahomey. De nos jours, la Constitution béninoise ne reconnait pas de pouvoir politique aux rois et autres chefs traditionnels. Mais ils conservent une grande influence sur la vie de la cité et le souverain défunt imposait le respect à ses sujets par sa carrure et sa prestance. Après son accession au trône en 1989, il a travaillé à la rénovation de plusieurs palais, dont certains sont devenus une priorité touristique pour le développement du petit pays d’Afrique de l’ouest. Au terme des cérémonies du roi défunt Dédjalagni Agoli-Agbo, son successeur devrait être connu et révélé au public. Mais tous craignent que l’exercice soit sujet à des intrigues fratricides, comme cela a été souvent le cas: il faut que toutes les communautés du royaume se mettent d’accord pour désigner leur nouveau souverain. Héritier d’une longue lignée de monarques, Agoli-Agbo avait succédé notamment au roi Béhanzin, déporté lors de la lutte coloniale contre la France, qui a mis fin au pouvoir politique du royaume.AFP.