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Le ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la recherche scientifique pourra-t-il gagner la confiance des enseignants ? C’est la principale question que l’on puisse se poser au sortir de ce forum sur l’éducation. Toutes les initiatives récemment prises par le Pr. Amadou Touré ont été désavouées par le corps enseignant pour leur unilatéralité. La refondation prônée à l’issue du forum sur l’éducation doit aboutir à la révision de la plupart des décisions du ministre Touré.

Le 13 mai dernier, le syndicat national de l’enseignement supérieur (Snesup) rompait sa collaboration avec le ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la recherche scientifique, Amadou Touré et son cabinet concernant la gestion de ses problèmes. Le gouvernement a signé, le 9 juin dernier, un décret fixant la composition et les modalités de fonctionnement du conseil supérieur de l’éducation. Ce texte, dont la teneure a omis les missions assignées à cet organe, augmente l’inquiétude des enseignants face à la gestion rigoureuse des problèmes de l’école malienne.

Les syndicats d’enseignants et de chercheurs ont fait leur observation sur ce décret et exigent la relecture du texte. Les enseignants et les chercheurs de l’éducation soulignent que la répartition des membres du conseil supérieur de l’éducation n’est ni équitable, ni représentative par le fait que 12 sur les 24 membres dont le président et le vice-président sont désignés par les ministres en charge de l’éducation. Les enseignants et les chercheurs (tous niveaux confondus) qui n’ont que deux représentants au sein de l’organe estiment que cette répartition rend automatiquement toutes les décisions de l’organe favorables aux autorités.

Les syndicalistes ont souligné que les enseignants et les chercheurs sont incontournables dans le fonctionnement du conseil supérieur de l’éducation. A ce titre, ils méritent une place privilégiée au sein de l’organe. «Notre participation au conseil supérieur de l’éducation est conditionnée à la prise en compte de ces observations» ont fait savoir les syndicats aux ministres en charge de l’Education.

Le règlement intérieur de l’université de Bamako, signé en mi-septembre dernier par le ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la recherche scientifique, fait également l’objet d’une contestation rigoureuse au niveau de l’enseignement supérieur. Le Snesup s’est désolidarisé du règlement intérieur signé par le département, jugeant que le texte examiné et adopté par le conseil de l’université a été dénaturé par le ministre Amadou Touré. Institutionnellement, le rectorat, qui a une autonomie de gestion, n’est pas signataire de ce texte.

Ce qui de l’avis des syndicalistes est contraire aux principes de l’université et annonce «un règlement de compte intérieur» planifié par le ministre Amadou Touré. L’article 20 de ce règlement intérieur stipule que tout agent nouvellement recruté est soumis à une période d’essai dont la durée, renouvelable une seule fois, varie selon les catégories professionnelles. Les enseignants opposent à cet article les dispositions de la loi N°98-067 du 30 décembre 1998 qui indiquent que le personnel enseignant est automatiquement titularisé.

Le gouvernement avait accordé (décret à l’appui) au personnel de l’enseignement supérieur la rémunération des taches liées aux examens.


S.C

05 Novembre 2008