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Après une année académique relativement paisible, surtout marquée par des actions notoires de part et d’autre et une prise de conscience effective des étudiants de leur responsabilité dans l’épanouissement de leur faculté, les étudiants de la Faculté des sciences juridiques et politiques de l’Université de Bamako ont malheureusement renoué avec leurs vieilles habitudes. Ce retournement brutal de veste s’est illustré à la suite du renouvellement du comité AEEM de ladite faculté, jeudi dernier.

Incroyable, mais vrai. Qui aurait pu imaginer que cette faculté qui fait la fierté de toute la nation pour avoir servi d’exemple l’année dernière aux autres facultés, tomberait en si peu de temps dans le désarroi et l’incertitude ?

En effet, si le bureau de l’année dernière a pu se mettre en place à travers un consensus, cette année, c’est la violenceet l’inconscience qui ont pris le dessus dans le cœur et l’esprit de ces jeunes, qui apparemment ont d’ores et déjà oublié les 4 mois d’arrêt de cours passés.

Après plus de deux mois d’interventions vaines de l’administration et de personnes de bonne volonté, en vue de dissuader les différents candidats au poste de secrétaire général de se présenter à une quelconque élection, l’espoir des uns et des autres, pour cette faculté qui commençait tant bien que mal à retrouver ses repères, s’est très vite envolé depuis que la campagne a commencé lundi dernier.

Avec trois candidats en lice notamment Gaoussou M’Bodje, Alassane Guitéye et Ichiaka Diakité (tous de la même classe) dont l’adversité s’est transformée en rancune et haine, les conséquences de cette échéance se sont bien exacerbées avant son déroulement.

Qu’à cela ne tienne, l’administration a bien voulu, sous la responsabilité du bureau de coordination national de l’AEEM, accorder le bénéfice du doute aux leaders estudiantins pour la tenue de cette élection.

Malheureusement, cette volonté du Doyen Cheick Hamala Fofana a tourné au vinaigre lors de l’élection avec la contestation des résultats et les perturbations violentes qui en ont découlées. C’est donc, dans le souci de stopper toute pagaille, que le décanat a décidé de mettre fin à tout le processus électoral, jusqu’ à ce que les choses rentrent dans l’ordre.

Depuis lors, c’est l’anarchie qui s’est emparée de la faculté. Tantôt, c’est un clan qui libère les étudiants pour exprimer son leadership. Tantôt, c’est un autre qui part s’autoproclamer vainqueur auprès de la base. Tantot, c’est un autre groupe qui riposte violemment pour peut être étaler sa suprématie.

Les cours sont perturbés depuis la semaine dernière. Les agressions sont monnaie courante, les blessés sont de plus en plus nombreux et le désespoir, s’empare de jour en jour de la faculté.

Pourquoi le Doyen a-t-il accepté ou cautionné ces élections, bien qu’étant imprégné de la tension qui y prévalait ?

Pourquoi les étudiants de cette faculté, après avoir émerveillé plus d’un à travers des prouesses telles que la mise en place par consensus, ni incidents de l’ancien bureau, la remise solennelle de sept millions six cent mille francs, aux plus hautes autorités du pays, en guise de contribution pour l’amélioration de leurs conditions d’étude, la récente marche de contestation contre la grève des enseignants et bien d’autres entreprises, ont-ils accepté de tomber si bas ?

En attendant d’avoir des réponses claires à ces questions, force est de reconnaitre que c’est l’avenir des milliers de jeunes qui est en train d’être hypothéqué à cause de l’irresponsabilité de ceux-là mêmes qui prétendent défendre leurs intérêts moraux et matériels.

Pendant que les autres facultés de l’Université de Bamako se battent au quotidien pour sauvegarder cette année déjà tronquée par la triste réalité des choses, la FSJP elle, est en train de subir les conséquences d’un choix jugé nécessaire par ses responsables. Et face à cette situation, ce sont les innocents étudiants qui en récoltent les pots cassés.

La réalité des choses oblige toutes les personnes concernées par cette question à s’impliquer activement pour la résolution de cette crise qui peut représenter très prochainement, pour cette fac, un KO programmé et entretenu par le laxisme de certains et l’insouciance d’autres.

Notre souhait aurait été de continuer à pointer du doigt les étudiants de cette faculté, mais il s’avère que  »le chien ne change jamais sa manière de s’asseoir » et cela est vraiment regrettable.

Fousseyni MAIGA

Stagiaire

L’Indépendant du 10 Août 2010.