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Le feuilleton de la crise de l’enseignement supérieur, marqué par plus de 3 mois de grève du Syndicat nationale pour l’enseignement supérieur (Snesup) semble connaître son épilogue avec la décision des enseignants de suspendre la grève suite à la satisfaction de certaines de leurs revendications.

Au terme d’une trêve de quinze jours (du 15 au 29 juillet), qu’il avait accordée au président de la République pour qu’une solution concrète soit trouvée à leurs doléances, le Snesup a de nouveau convoqué le samedi 31 juillet 2010 ses militants à l’Ecole nationale d’ingénieurs (ENI) à la faveur d’une assemblée générale extraordinaire visant à faire le bilan de la trêve afin de mieux se fixer pour la suite de la « lutte ».
Le secrétaire général du bureau exécutif national du Snesup, Dr. Abdou Mallé, entouré de ses proches collaborateurs a exprimé en présence des centaines de professeurs mobilisés sa satisfaction.

Ainsi, au vu des résultats obtenus au cours des négociations avec le chef de l’Etat qui a décidé de s’impliquer personnellement pour résoudre la crise, les enseignants ont décidé de suspendre leur grève jusqu’à octobre 2010.

Mieux, contrairement à la rumeur relative à la volonté des ex-grévistes d’aller en congés à partir du 1er août, l’AG du Snesup a décidé de rester en classe et de travailler pendant les vacances.

Cependant, les syndicalistes exigent le reversement de deux mois (mai et juin 2010) de salaire qui avaient été prélevés suite à leur trois mois de débrayage conformément aux textes en vigueur. L’autre mois serait déjà payé, selon nos informations.

Pour finir, Dr. Abdou Mallé et ses camarades demandent la signature d’un protocole d’accord permettant de formaliser les points qui ont fait l’objet d’accord.

Cependant, au sujet de l’alignement des salaires des enseignants de l’enseignement supérieur sur ceux de leurs homologues de la sous-région, qui constitue la principale pomme de discorde, le gouvernement, a renvoyé cette question relevant de la nouvelle grille indiciaire au panel d’universitaires pour août et septembre 2010.

D’autres points d’entente issus des négociations avec le chef de l’Etat sont relatifs aux primes d’indemnité de fonction spéciale (40 000 F CFA/mois), de documentation mensuelle (17 000 F CFA) et aux indemnités d’encadrement et de résidence (50 000 F CFA).
La mise en place de la nouvelle hiérarchisation, l’augmentation du taux de l’heure supplémentaire et l’intégration des travailleurs contractuels à la FP ont aussi fait l’objet de consensus.

Amadou Waïgalo

Méfiance

Malgré des avancées dans les négociations, les enseignants se méfient de celui qui est devenu désormais leur seul interlocuteur : Le chef de l’Etat. « L’homme quand il parle, il a trop de contradictions donc il ne faut pas qu’on accorde trop d’importance à ce qu’il dit », a avertit un professeur de la Faculté des lettres, langues, arts et sciences humaines (Flash) qui a demandé à ses pairs de préserver avant tout l’unité syndicale.

Le ministre 11 millions de thé

ATT ne s’est pas réservé une fois encore d’aborder la question de la crise de l’école. A la cérémonie d’ouverture des travaux du Forum national de la diaspora intellectuelle, le chef de l’Etat a demandé aux professeurs d’attendre que le Mali ait son pétrole pour que leurs problèmes soient entièrement résolus. Ces propos ont choqué les syndicalistes qui n’ont pas hésité à rappeler à ATT qu’un de ses ministres n’a pourtant pas attendu l’exploitation de notre pétrole pour dépenser 11 millions de F CFA en une journée en thé. « Le président est entouré de prédateurs et c’est dommage, mais nous nous n’allons pas rester les bras croisés », a averti un enseignant.

A. W.

02 Août 2010.