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Profitant de leur assemblée générale d’information samedi dernier à la Faculté des sciences et techniques (Fast), des militants du Syndicat national de l’enseignement supérieur (Snesup) ont dénoncé les violences faites aux professeurs. Un préavis de grève illimitée à partir du 26 février sera en principe déposé ce matin.

Le Syndicat national de l’enseignement supérieur sera en grève illimitée à partir du mardi 26 février prochain. Ainsi en a décidé l’assemblée générale du Snesup, tenue samedi dernier dans l’amphi de la Fast. Le préavis de grève illimitée sera en principe déposé ce matin. Cette énième cessation de travail des professeurs du supérieur découle de la violence orchestrée sur leurs personnes par une poignée de « vandales » bien identifiés, mais qui, selon le syndicat, bénéficieraient protection.

« Nous sommes agressés dans les lieux de travail, dans les rues, des membres de nos familles sont menacés puis violentés. Les locaux de certains établissements sont saccagés ou incendiés… Nous ne pouvons plus supporter cette situation qui n’a que trop duré. Tant que notre sécurité n’est pas assurée, il n’y aura pas de travail. L’Etat doit s’assumer » telles sont, résumés, les propos introductifs du secrétaire général du Snesup, Dr. Abdou Mallé.

Jadis circonscrite à la FSJP, l’agression des professeurs est en train de gagner du terrain. Des professeurs de la Fast vivent aujourd’hui la peur au ventre. Le mardi 5 février les premières violences à leur égard ont été enregistrées. Pour s’être interposé entre l’étudiant Hamadoun Touré, secrétaire général de la Flash qui avait trouvé refuge dans les bureaux du doyen de la Fast parce que pourchassé par des étudiants de la FSJP, un professeur a été battu à sang par des assaillants. Le 6 février, le domicile du doyen de la FSJP, Pr. Harouna Dembélé, a été attaqué avant d’être incendié par des vandales. Le bureau du secrétaire principal de la FSJP a été saccagé.

Des étudiants, selon le Snesup, ont également fait irruption dans la famille de Mamadou Koné, professeur à la FMPOS, ont violenté sa fille enceinte de 8 mois, volé des bijoux, emporté le téléphone fixe. Des menaces de mort ont été proférées sur la personne du secrétaire général du Snesup, Abdou Mallé, de Djibonding Dembélé. Il existerait aussi une menace d’agression sur la personne de Mme le recteur de l’Université… « Trop c’est trop », a tapé du poing sur la table le Snesup.


Un Etat défaillant

Dans un amphi sous surveillance policière, des membres du Snesup, face à cette recrudescence de la violence en milieu universitaire en particulier s’en sont pris aux autorités. A la FSJP, elle est, selon eux, due à un problème d’élection du doyen. Parce que le nouveau doyen, dans sa réforme, a refusé de rentrer dans le jeu de l’AEEM qui avait pris la mauvaise habitude de fricoter avec l’ex-administrateur provisoire, fixait un taux de passage (60 %).

« Depuis ce jour, les violences ont commencé. Nous sommes la cible des vandales. Chacun fait ce qu’il veut ». Ce que l’assemblée a déploré, c’est qu’aucune mesure ne soit prise à l’encontre des récalcitrants. D’autres ont accusé le ministre qui, de par sa politique, ne fait rien pour que la situation change. « C’est parce que la femme et la fille de certaines autorités n’ont pas passé que la violence doit continuer. Ils croient que nous allons céder à la pression pour que leurs protégés passent, qu’ils se détrompent. Nous n’allons pas nous laisser faire ».

Pour un autre professeur de la Flash, le ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique lors d’une de ses sorties à la Fast a déclaré au moment où les professeurs observaient le mot d’ordre de rétention des notes : « Si vous ne rendez pas les notes, c’est vous qui êtes en face des étudiants ».

Cette phrase, aux yeux de beaucoup, en dit long sur ce qui pourrait être la suite des événements.

Amadou Sidibé

11 février 2008.