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Pour ralentir la croissance d’un pays ou encore stopper net son développement, il faut négliger la formation et la meilleure manière d’atteindre cet objectif est de s’en prendre à son université. Le Mali, notre pays, a fait ses preuves dans le domaine de l’éducation; ce qui explique la sollicitation de beaucoup de cadres Maliens à travers le monde, et particulièrement dans les institutions internationales. On peut citer entre autres, l’ancien président de la République M. Alpha Omar Konaré, à la tête de la Commission de l’Union Africaine, Soumaïla Cissé, à la tête de la Commission de l’Union Economique et Monétaire des Etats de l’Afrique de l’Ouest, Cheick Modibo Diarra, à la Nasa. Mais, depuis quelques années, nous assistons impuissants à la dégradation continuelle de notre système éducatif, notamment au niveau du supérieur.

En effet depuis la création de l’université du Mali en 1996, certains disaient que l’Etat n’avait pas les moyens nécessaires pour créer une université.


DES PROBLEMES RECURRENTS

Mais devenue université de Bamako récemment, elle reçoit tous les bacheliers du pays dont le nombre est estimé à des milliers qui y poursuivent leurs études universitaires. Le problème majeur de ces nouveaux arrivants (universitaires) c’est d’abord le logement, car le plus grand nombre de ces étudiants n’ont pas de parents dans la capitale.

Après surviendront les autres problèmes avec comme seuls revenus les bourses d’études qui peuvent aussi faire des mois sans tomber. C’est dans cette université surchargée et minée de divers problèmes que l’on assiste à l’augmentation massive à chaque rentrée scolaire du nombre d’étudiants.

Les dirigeants de ce département négligent les revendications des élèves et étudiants et les doléances des enseignants et professeurs du supérieur. C’est à la suite de rencontres avec le gouvernement que le Syndicat National de l’Enseignement Supérieur a décidé cette année de crier fort, et ses cris ont dépassé le niveau du département chargé de l’Education.


LE SNESUP RECU PAR LE PREMIER MINISTRE

C’est ainsi que le lundi dernier, soit près de deux mois après le déclenchement de sa grève illimitée, le Syndicat National de l’Enseignement (SNESUP) a été reçu par le Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga, qui, à son tour, sans prendre d’engagement, s’est contenté d’une simple promesse de s’impliquer rapidement dans la résolution de cette crise.

Pourquoi le Premier ministre alors qu’il y a un ministère chargé de l’Education?

En tout cas, le comité de négociation du SNESUP ne décolère pas contre le ministre de l’Education Nationale qui, selon eux, fuit ses responsabilités. Ce qui fait dire au secrétaire administratif, Djibonding Dembélé : “Nous avons perdu toute confiance au ministre de l’Education qui n’a jamais honoré ses engagements. Il a refusé de nous rencontrer malgré les deux demandes d’audiences que nous avions déposées auprès de lui”.


LES DOLEANCES DU SNESUP

Il est nécessaire de savoir que les doléances du SNESUP sont relatives à l’octroi des indemnités aux enseignants du Supérieur, l’annulation totale des résultats des examens organisés par l’administration provisoire de la FSJP après le départ en vacances des enseignants et l’organisation de nouveaux examens dans le strict respect de la déontologie de l’enseignement, le dernier point porte sur la satisfaction totale des points d’accord conclus dans le procès-verbal de la conciliation SNESUP-Gouvernement en date du 18 juillet 2006. Suite à ces accords, le SNESUP avait suspendu son mot d’ordre du 18 au 25 juillet dernier.

Mais, c’était sans compter avec la mauvaise volonté du gouvernement qui n’a jamais respecté ses engagements. D’où la détermination du comité de négociation à aller jusqu’au bout. Certes, jusqu’au bout, mais si rien n’est fait pour trouver une solution adéquate à ce problème d’éducation, c’est l’avenir des étudiants, l’avenir de ce pays qui est menacé et cela coûtera cher dans les jours à venir.

Nous sommes à la fin du premier trimestre de la nouvelle année académique et jusque-là, certains étudiants ne savent pas leur situation des examens de l’année dernière. Ce qui est sûr, c’est qu’après le SNESUP, c’est l’AEEM qui prendra la relève, car avec tous ces mois d’arriérés de bourses, ils se battront pour une régularisation totale des conditions d’études.

Moussa KONDO

24 janvier 2007.