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Le bras de fer engagé entre le Syndicat national de l’enseignement supérieur (SNESup)
et le gouvernement concernant la rétention des notes d’examens par les professeurs risque de s’empirer. Au moment où le syndicat tend vers une reprise de la grève illimitée à partir du 1er décembre 2007, le ministère de l’enseignement secondaire, supérieur et de la recherche scientifique cherche à « récupérer les notes » par tous les moyens.

Dans une correspondance adressée aux directeurs de l’Ecole normale supérieure (Ensup), l’Ecole nationale d’ingénieurs (Eni), l’institut polytechnique rural de Katibougou (Ipr), le Directeur national de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique invite à prendre des dispositions pour récupérer les notes d’examen et lui faire parvenir la situation avec la liste des enseignants qui auront rendu leurs copies et celle des enseignants qui ne se seront pas exécutés.

Au-delà de ces établissements, des sources sûres indiquent également que le rectorat de l’université de Bamako a adressé une correspondance aux différentes Facultés pour les mêmes motifs. L’action n’a, jusque là, reçu d’échos favorables chez les enseignants.

A titre d’illustration, les chefs de DER de la FLASH et de l’ENSUP ont expliqué à leur hiérarchie qu’ils ne peuvent en aucun cas trahir la confiance des enseignants en livrant les notes d’examen sans leur aval.

Cette attitude des autorités a été perçue par les comités SNESUP des différents établissements universitaire comme une chasse à l’homme engagée et entretient un climat de méfiance entre les enseignants et les autorités. Les enseignants estiment que la rétention des notes est, à leurs yeux, le seul moyen de se faire entendre.

Le comité syndical de l’ENSUP/FLASH a, dans une correspondance en guise de réponse, exprimé ses inquiétudes au directeur national de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique tout en précisant que c’est le syndicat qui est responsable de la rétention des notes. “Vouloir intimider le corps professoral de la part de quiconque ne serait qu’une action de plus visant à compromettre sérieusement toute perspective de solution”, a averti le comité syndical.

Il semble tout de même y avoir des avancées significatives dans le traitement du dossier notamment le traitement partiel des arriérés d’avancement 2005-2006 et l’installation des doyens dans les facultés des sciences juridiques et politiques et des sciences économiques et de gestion. En fait, l’Etat a accepté de payer une copie corrigée à 500F CFA, de donner 5 000F par jour à chaque professeur pour la surveillance des examens.

Il a été aussi proposé aux enseignants la somme de 60 000F comme frais de secrétariat. Mais le SNESUP table sur la somme de 150 000F comme frais de secrétariat. Les principaux points en suspension restent la prise d’un décret réglementant les taches liées aux examens et la régularisation de la situation administratives de certains enseignants.

Le secrétaire général du comité syndical de l’Ensup/Flash, Amadou Abdoulaye Dicko, dans un entretien qu’il nous a accordé, a souligné qu’il est important que le gouvernement prenne ce décret avec les propositions énumérées. Il a précisé que ce décret sera un moyen de réflexion à la base pour pouvoir continuer ou lever cette rétention des notes. “En matière de syndicalisme, il n’y a pas de jusqu’au boutisme”, a- t-il indiqué.

Ce qui sous entend que les enseignants sont prêt à adoucir leurs positions si le gouvernement venait à faire des efforts.

Seydou Coulibaly

29 novembre 2007.