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Les nouvelles recrues de la Fonction publique affectées dans les Universités de Bamako et de Ségou ainsi que dans les grandes écoles subissent un calvaire sans précédent. Depuis bientôt sept mois, ces jeunes n’ont reçu aucun franc. Les structures financières chargées à cet effet de donner satisfaction aux nouveaux professeurs assistants, se foutent éperdument de leurs conditions de vie et de travail, le tout sous les yeux impuissants du Syndicat de l’enseignement supérieur. Enquête.

L’école a toujours été le dernier des soucis des autorités maliennes. Si les étudiants décident de mettre fin à leurs sorties intempestives pour suivre régulièrement les cours, ce sont les professeurs qui prennent les rues de Bamako. Et vice-versa. Tous dénoncent l’incapacité de l’Etat à faire face aux problèmes financiers et pédagogiques de l’école. Le cas qui intéresse aujourd’hui votre hebdo préféré, c’est le non-paiement des nouvelles recrues affectées dans les Universités de Bamako et de Ségou ainsi que dans les grandes écoles, notamment à l’Ecole Normale supérieure (ENSUP).

Malgré les tractations des nouveaux enseignants dans les structures financières de l’Etat, aucune information fiable ne leur a été donnée. «Chaque jour que Dieu fait, je suis entre mon école, la DFM et le Budget pour savoir la situation de mon salaire, mais je n’y parviens pas. Mieux, la comptabilité de mon école et les autres structures impliquées s’accusent mutuellement sur du faux. Il n’y a rien de concret jusqu’à présent. J’interpelle le Ministre des Finances, du Budget et celui de l’Enseignement Supérieur. Qu’ils sachent que nous sommes des chefs de famille comme eux».C’est là le ras-le-bol d’un nouveau professeur assistant qui a requis l’anonymat.

Le vendredi 15 juin 2012, selon des indiscrétions, les billeteurs des Universités seraient appelés à se présenter à leurs Rectorats respectifs pour prendre des dispositions qui s’imposent pour le paiement des salaires des nouvelles recrues. Les mêmes indiscrétions soutiennent que les tous nouveaux professeurs assistants pourraient percevoir leurs dus d’ici demain mercredi 20 juin.

«L’apocalypse» pour l’ENSUP

Si les tous nouveaux enseignants des Universités de Bamako pourraient avoir le sourire aux lèvres, tel n’est pour le moment pas le cas de ceux de l’Ecole Normale Supérieure (ENSUP). Selon des sources bien introduites, le Budget de l’Etat aurait refusé de verser dans le compte de l’ENSUP les 36 millions demandés par la comptabilité de ladite école pour faire face au paiement des salaires. La Direction Générale du Budget voudrait que les besoins soient exprimés dans la règle de l’art. L’ère du Capitaine Sanogo a-t-il réduit la corruption au Mali ?

Un DFM pas comme les autres

Il s’appelle Ibrahim Sanogo. Ce cadre de l’Etat est très disponible même pour un simple professeur assistant. Doté d’une capacité d’écoute sans pareille, le DFM Sanogo a pris exceptionnellement une décision pouvant permettre aux nouvelles recrues de l’ENSUP de toucher leurs dus cette année au compte de sa Direction. Une demande de crédit, à cet effet, se profile à l’horizon auprès d’une banque de place. Cependant, ce qu’il faut déplorer, c’est que ces jeunes ne pourraient pas toucher avant trois à quatre mois mois leurs sous. Un responsable du DFM de l’enseignement supérieur nous a confié que n’eut été cette décision de M. Sanogo, les nouveaux enseignants de l’ENSUP ne pourraient percevoir leurs salaires qu’en 2013. Au niveau de l’ENSUP, le non paiement des salaires se justifie par le coup d’Etat du 22 mars dernier. Alors les ministres de l’enseignement supérieur, des finances, celui en charge du Budget et le DFM Sanogo doivent mettre tout en œuvre pour payer les salaires des nouvelles recrues de l’ENSUP et des Universités ce mois-ci. Parce que le Gouvernement de Cheick Modibo Diarra a clamé haut et fort que les Maliens ne souffriront pas de manque de salaires. Ce qui est faux en voyant le cas des nouvelles recrues de la fonction publique affectées dans les grandes écoles et Universités.

Kady THERA

Le Guido du 20 Juin 2012