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Pour éviter aux étudiants une seconde année blanche consécutive, le comité Aeem de la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontostomatologie (Fmpos) de l’Université des Sciences Techniques et des Technologies de Bamako (USTTB) a décidé d’être à la veille pour ne pas hypothéquer l’avenir. D’où son interpellation de toutes les couches de la société afin de sauver l’enseignement supérieur de la dérive.

Depuis le 27 septembre dernier, le Comité exécutif national du Syndicat national de l’enseignement supérieur (Cen-Snesup) a suspendu les activités pédagogiques au niveau de l’enseignement supérieur. Cela pour cause de non application des accords du mois de mars 2012 par le gouvernement. Au rythme où vont les choses, si rien n’est fait pour la stopper, elle risque d’apporter des conséquences négatives à l’année universitaire 2012-2013. Conscient que les étudiants seront les premières victimes de cette situation, le comité Aeem de la Fmpos de l’Usttb a décidé d’apporter sa part de contribution à la crise pour une résolution définitive afin que les étudiants retrouvent le chemin de l’école pour étudier. D’où la conférence de presse du secrétaire général du comité Aeem de la Fmpos, Almamy Ismaila Koita, le 5 décembre 2012 à la Fmpos pour revendiquer le droit des étudiants à l’étude.

Almamy I. Koita a fait savoir que la situation est des plus inquiétantes et commence à leur faire très peur. «Nous voici trois années dans les mêmes classes par les tristes épisodes de grèves qui nous ont couté une année blanche que nous n’allons jamais rattraper. Malgré tout ce que nous endurons depuis quelques années, il est inacceptable d’observer que notre situation évolue de mal en pis. Nous voulons tout sauf une autre année blanche», a déclaré M. Koïta. Nous avons appris, a-t-il dit, qu’il y a rupture entre les parties en négociation.

«Le gouvernement est indifférent et semble catégorique sur sa position de non acceptation des doléances des grévistes. Le Snesup resserre la vanne de réunion en réunion. L’Association des parents d’élèves (APE) se trompe de priorité entre aider les étudiants à regagner les amphis et aider l’Etat à euthanasier l’Aeem», a fait savoir le conférencier. Selon lui, les étudiants sont laissés à eux-mêmes bien qu’ils aient déposé des lettres de plaidoyer, d’audiences auprès du gouvernement, de l’Assemblée nationale, du médiateur, des dirigeants de la société civile, de la jeunesse, des religieux, des enseignants grévistes, afin qu’une solution soit très vite trouvée à la crise.

« Aucune de nos demandes n’a été répondue», a-t-il dit. Pour terminer son intervention, le secrétaire général a lancé quatre messages à l’endroit des autorités, des parents d’élèves, des enseignants et des étudiants. A l’endroit de l’Etat, il a demandé qu’il prenne ses responsabilités pour mettre fin à cette crise pour ne pas briser leur avenir, sinon leur espoir. Aux enseignants, a-t-il dit, nous lançons un appel à leur sens de compassion pour nous éviter une seconde année blanche. S’agissant des parents d’élèves, il les a sollicités de sortir de la léthargie pour les épauler dans leur lutte. Aux étudiants, il a imploré à tous de se réveiller, de prendre conscience de l’ampleur du problème pour l’arrêter rapidement.

Hadama B. Fofana

Le Républicain du 6 Décembre 2012