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Il faut passer par une Faculté pour prétendre accéder
aux écoles supérieures.
Jadis, avec le baccalauréat, les étudiants étaient
orientés à ce niveau jusqu’en fin de cycle. Chaque
année, on était soumis à un examen de passage en
classe supérieure. De nos jours, c’est le même
scénario…

Le problème de mémoires de fin d’études
s’était rarement posé. On en parlait en classe de
terminale, certes, il fallait choisir en 3e Année un
thème et un professeur pour l’encadrement des travaux.
Tout ça, avant la période des vacances choisies pour
effectuer des stages dans un établissement public
secondaire ou un service relevant de sa spécialité.Le
mémoire de fin d’études constituait la bête noire des
étudiants…

Il fallait régulièrement voir le directeur de mémoire
,suivre les cours théoriques en classe .et s’occuper
du mémoire . Tout cela se terminait par la soutenance
de mémoire.

A l’avènement de l’Université de Bamako, le nombre
d’étudiants croît d’année en année, et avec lui,
évidemment, le nombre de mémoires.

La question que
l’on pose en ce moment est de savoir exactement
l’utilité de ces documents gardés dans les
bibliothèques et DER de nos écoles supérieures.
Faut-il continuer à exiger la soutenance de mémoires?

Les avis sont divers selon que l’on se trouve avec
les étudiants ou leurs professeurs encadreurs. Des
sources proches du milieu estudiantin, il n’est pas
nécessaire de maintenir les mémoires de fin d’études.

Les professeurs, quant à eux, ne veulent pas entendre
parler de sa suppression, puisque, simplement, cette
activité leur apporte beaucoup d’argent (100.000 F par
étudiant et par mémoire!) En multipliant cette somme
par 10 ou 20, il y a de quoi tout mettre en oeuvre
pour le maintien du document.

Mais il est certain que
le mémoire constitue le premier contact de l’étudiant
avec la recherche, ainsi que la base de ce qui sera
plus tard, après enrichissement, son mémoire de DEA,
puis sa thèse de doctorat!

D’après certaines indiscrétions, la question des
mémoires de fin d’études suscite tellement de débats
dans les écoles supérieures en ce moment que la
semaine dernière seulement il y a eu quelque part un
affichage qui faisait état du choix des étudiants.

Cela veut dire que désormais, ne fera le mémoire que
l’étudiant qui le voudra. Si tel est le cas, toujours
selon les indiscrétions, il y aura rarement des
volontaires.

Côté étudiants on accuse les encadreurs
d’avoir des cours un peu partout dans le secteur
privé, d’avoir peu de temps à consacrer à
l’encadrement des mémoires.

Un étudiant nous a confié
que son professeur encadreur lui demande de passer à
domicile où il est toujours absent.

Il ne faut, peut être, pas procéder à la suppression
des mémoires de fin d’études pour ne pas porter
atteinte au système académique et universitaire de
notre pays.

Mais ce qu’il faut, c’est revoir la
stratégie. Et le CAMES (Conseil Africain et Malgache
de l’Enseignement Supérieur) dans tout ça.

Les partenaires d’une école apaisée et performante
doivent mettre les bouchées doubles pour redresser la
tendance.

Goudia Konaté

15 février 2006.