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La crise qui secoue l’école malienne actuellement est le prolongement de celle de 2007 qui aurait pu s’éteindre avec une dose de bonne gestion. Mais la méthode de gouvernance semble être le maillon faible.

Quand le président Amadou Touma-ni Touré prêtait serment le 8 juin 2007 pour son second mandat, feu Mamadou Lamine Traoré, alors ministre de l’éducation nationale était souffrant. Son malaise l’avait écarté des ennuis de l’école longtemps avant son décès le 21 juillet de la même année.

Beaucoup avaient murmuré l’imminence d’un remaniement ministériel. Mais ce schéma ne sied pas à la méthode ATT.

Les tâches du ministre grabataire étaient alors assurés par son intérimaire, l’ancien ministre de la culture Cheik Oumar Sissoko.
A la date du 8 juin 2007, la crise à la Faculté de médecine, de pharmacie et d’odontostomatologie (FMPOS) n’était pas encore résolue. Elle résultait d’un concours d’internat qui avait tapé sur le nerf des étudiants.

Ces derniers s’en étaient pris à tout ce qu’ils pouvaient saccager pour exprimer leur courroux. Ainsi, la situation avait conduit à l’arrestation et l’emprisonnement d’étudiants qui ont écopé de 18 mois à 2 ans d’emprisonnement ferme.

En matière d’incarcération d’étudiants, la Facul-té des sciences juridiques et politiques (FSJP) dont le leader estudiantin Ousmane Diarra dit Gouzno et ses camarades ont été écroués trois mois durant à la Maison centrale d’arrêt de Bamako. Ils avaient été condamnés pour atteinte à l’ordre public après de violents affrontements dans l’enceinte de la FSJP.

Cette Faculté a été le théâtre de violentes contestations suite à l’élection d’un nouveau doyen en la personne du Pr. Harouna Dembélé. L’imbroglio s’était par la suite retrouvé devant la justice.

La rétention des notes a paralysé tout le système, du fondamental au supérieur. Les résultats du diplôme d’études fondamentales (DEF), du baccalauréat, des instituts de formation des maîtres (IFM) et des trimestres au niveau du secondaire ont été la proie de cette forme de pression qui avait jusqu’ici été pratiquée dans le supérieur.

Mais un peu plus tard, l’enseignement supérieur s’est mêlé au ballet de la rétention des notes qu’il avait abandonné depuis quelques années. Des étudiants ont longtemps souffert avant de voir le bout du tunnel.

Le Syndicat national de l’enseignement supérieur (Snesup), auteur de la rétention des notes, n’était pas parvenu à trouver un terrain d’entente avec le gouvernement sur ses points de doléances, qui allaient de l’allocation familiale au traitement des membres du secrétariat des examens.

C’est dans cette atmosphère qu’en 2007 la publication des résultats de certains examens a étonné plus d’un : un même baccalauréat, deux résultats.

En effet, une semaine après la proclamation des résultats du bac malien de la session de juin 2007, de nouveaux résultats ont été affichés pour les séries sciences biologiques (SB) dans la région de Koulikoro. A cela venaient s’ajouter des admis fictifs au DEF (Diplôme d’études fondamentales) à Yanfolila.

En réalité, les différentes crises de l’école sont en partie dues au dysfonctionnement de l’appareil gouvernemental. Le dialogue de sourds entre les syndicats enseignants et un ministère de l’Education nationale sans tête, a amené Ousmane Issoufi Maïga, chef du gouvernement d’alors, à s’impliquer personnellement pour débloquer la situation après des mois de calvaire pour les élèves et les parents d’élèves.

Un remaniement ministériel aurait pu éviter au monde scolaire le vide que la maladie de feu Mamadou Lamine Traoré a provoqué. Pourtant, les problèmes demeurent. Les doléances de l’an passé sont celles d’aujourd’hui.


Soumaila T. Diarra

09 Juin 2008