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Après plus d’un mois de « congé », les lycéens, dont ceux du public reprennent le chemin de l’école ce 7 avril 2008 sans être sûr de quoi que ce soit. Sans évaluation depuis octobre 2007, ces élèves sont plus que jamais déroutés.

Paradoxalement, les autorités, qui campent sur leur position dans les négociations avec la Coordination syndicale de l’enseignement secondaire (Coses), parlent de « sauvetage » de l’année scolaire 2007-2008 alors que nous sommes tout près de l’année blanche.

L’école malienne en général, du primaire au supérieur, est dans l’impasse. Mais, la situation que connaît l’enseignement secondaire public est désastreuse. Pourtant, il y a quelques jours, c’est un Premier ministre déterminé à propos de l’école que les Maliens ont entendu se prononcer sur la situation. « Nous allons sauver l’année scolaire 2007-2008 et engager un débat national sur l’école », avait-il promis. Dans son allocution, le mot « sauvetage » a suscité beaucoup d’attention, car elle a sonné comme le « glas » du calvaire des élèves et étudiants.

Cependant, la situation des lycées publics est très loin du scénario idéal des autorités. Faisant allusion à cet état de fait lundi dernier lors d’un point de presse, le secrétaire général de l’UNTM a souligné que « le spectre d’une année blanche doit être pris au sérieux pour éviter la catastrophe ».

Face au silence radio des autorités sur ses doléances (indemnité de logement, levée des obstacles juridiques…), la Coses est montée sur ses grands chevaux et semble se diriger vers l’année blanche, à travers la rétention des notes, le boycott de toutes les évaluations, etc.
Pour Siaka Diakité, « le désordre profite aux privés dont les cours ne connaissent aucune perturbation pendant que les publics s’étiolent peu à peu ». Certains élèves des établissements secondaires publics en font les frais à l’extérieur.

Si le baccalauréat a lieu, les bacheliers des établissements publics pourront-ils prétendre à des études dans les universités étrangères avec leur « niveau dérisoire », consécutive à une année sans évaluation ? Les autorités prendront-elles le risque de leur accorder des bourses d’études pour aller représenter le Mali à l’extérieur après une année calamiteuse ?

Ogopémo Ouologuem
(stagiaire)

04 Avril 2008.