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Si les élèves des établissements d’enseignement secondaire privés avaient fait leur composition du premier trimestre sans perturbation, la deuxième a été le contraire. Leurs camarades du public les ont empêchés de faire les épreuves hier lundi.

Visiblement, la sortie de la crise qui secoue les établissements d’enseignement secondaire n’est pas pour demain. Hier, tôt le matin, les responsables de l’AEEM des différentes écoles secondaires publiques après avoir fait sortir leurs camarades, sont allés dans les écoles privées pour empêcher le déroulement des compositions du deuxième trimestre qui devaient commencer le même jour. C’est-à-dire les faire sortir aussi. Les motifs de leur grève qui prendra fin une semaine (reprise le lundi prochain) sont connus.

Ils protestent contre l’organisation du deuxième trimestre au niveau des établissements d’enseignement secondaire privés. Les différents secrétaires généraux des écoles publiques estiment qu’il est anormal que leurs camarades des écoles privées fassent les compositions, alors qu’eux sont pris entre le manteau et l’enclume à cause du bras de fer qui oppose le ministère des enseignement secondaire supérieur et de recherche scientifique et la coordination des syndicats de l’enseignement secondaire supérieur et de la recherche scientifique (COSES).

“Nous sommes sortis aujourd’hui pour manifester notre mécontentement concernant l’organisation des compositions au sein des établissements d’enseignement secondaire privés, alors que ceux des publics sont laissés à eux-mêmes. Les professeurs ont cessé de nous évaluer depuis novembre.

Le gouvernement ne parvient pas à trouver une solution idoine aux problèmes qui l’opposent aux enseignants. Nous nous voulons qu’il y ait un accord entre les deux parties pour qu’on soit évalué. Sinon, il est hors de question désormais qu’on laisse les écoles privées faire les évaluations et que nous on ne fait rien”, a déclaré avec insistance Mamadou Konaté, élève en quatrième année TCA à l’ECICA.

Dans les établissements privés qui n’ont pas voulu céder à la première tentative, les élèves du public ont envoyé des “renforts” et il s’en est suivi des jets de cailloux auxquels les forces de l’ordre ont répliqué au cas où ils étaient présents. Ces affrontements ont poussé les élèves à brûler des motos dans un établissement de la rive droite de même que certains tables bancs.

Le mot d’ordre de rétention des notes et le boycott de toutes les évaluations par la Coses ont été lancés les mois de novembre et décembre derniers. En effet, l’accord intervenu entre la Coses et le gouvernement d’Ousmane Issoufi Maïga le 17 juillet 2007 n’a pas été respecté par celui de Modibo Sidibé.

Cet accord souligne entre autre l’octroi d’une indemnité de logement aux travailleurs de l’enseignement secondaire ; la levée des obstacles juridiques concernant la promotion, la formation et le détachement des contractuels ; la rémunération de la correction des copies ; le paiement avec rappel de l’augmentation de la valeur indiciaire des professeurs contractuels à compter du 1er janvier 2007, etc…


Hadama B Fofana

06 Mai 2008