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toure-2.jpgLa vérité, dit-on, dérange. Ce n’est pas la Coordination des syndicats de l’enseignement secondaire (Coses) qui dira le contraire. Cette coordination a organisé mercredi dernier au Centre islamique de Hamdallaye un meeting au cours duquel certains de ses membres sont intervenus pour demander le départ du ministre des Enseignements supérieur, secondaire et de la Recherche scientifique.

Le tort du ministre Touré aura été d’avoir condamné, au cours d’un point de presse qu’il avait animé la veille à la Maison de la presse, l’attitude de certains de ses collègues enseignants consistant à retenir, avec l’aval de leur syndicat, les notes des élèves pour faire aboutir leurs doléances.

La Coses a décidé, au cours de son meeting, de maintenir son mot d’ordre de rétention des notes et de non évaluation ainsi que le boycott de toutes les compositions jusqu’à l’entière satisfaction de ses doléances. La Coordination des syndicats de l’enseignement secondaire a en outre durci le ton pour protester contre le traitement réservé aux fameux sept points, qui sont à l’origine de plusieurs débrayages et qui depuis octobre dernier ne semblent trouver aucun début de règlement, à en croire les enseignants.

La première de ces doléances est l’octroi d’indemnité de logement aux travailleurs de l’enseignement secondaire. Le ministre Amadou Touré avait fait savoir, au cours de son point de presse, que le gouvernement ne peut pas satisfaire cette exigence au risque de créer des antécédents insupportables pour les ressources de l’Etat.

La Coses qualifie cette position des autorités de « regrettable » et de « recul« . Parce que, affirme son secrétaire général Tiémoko Dao, « le gouvernement à travers son Premier ministre de l’époque avait promis de mettre en place une commission de travail à la suite de l’accord conclu le 17 juillet 2007« . Récemment encore les autorités actuelles auraient laissé entendre à la Coses, à travers une correspondance adressée au secrétaire général, que la commission en charge du dossier n’avait pas achevé ses travaux.

« C’est la même réponse qu’on nous a donnée aussi en ce qui concerne la levée des obstacles juridiques. Pourtant le gouvernement avait promis de la rendre effective dès janvier 2008« , regrette Tiémoko Dao.

S’agissant de la relecture de l’article 60 de la loi 99-046 du 28/12/1999 portant loi d’orientation sur l’éducation, la Coses assure que le Premier ministre sortant avait promis de faire des propositions dans le sens d’une révision de la disposition qui soumettait les fonctions de chef d’établissement, de conseiller pédagogique, de directeur du centre d’animation pédagogique (DCAP) à un concours. Tiémoko Dao rappelle que malgré tout le gouvernement continue de nommer des proviseurs et des censeurs.

Le paiement, avec rappel, de l’incidence financière de l’augmentation de la valeur indiciaire des professeurs contractuels à compter du 1er janvier 2007, aurait aussi été acquis avec le Premier ministre sortant qui aurait reconnu, selon Tiémoko Dao, « l’injustice commise à l’endroit des contractuels« . On aurait même instruit le paiement immédiat avec rappel à la suite de l’accord du 17 juillet par lequel les enseignants du Secondaire levaient leur mot d’ordre de rétention de notes.

Tiémoko Dao a déploré la non tenue de cet engagement puisqu’à la dernière rencontre de sa coordination avec le gouvernement, le manque de fonds aurait été invoqué.
La relecture du décret n°03-324 du 06 août 2003 portant statut particulier du personnel enseignant de l’enseignement fondamental et de l’éducation préscolaire et spéciale est également une des doléances majeures de la Coses. Elle devait soutirer les professeurs de l’enseignement fondamental (sortis d’une filière de l’Ensup) de la tutelle des directeurs d’école fondamentale.

La rémunération de l’évaluation des modules tout comme l’application correcte des décrets n°00 598 et n°00 599 du 4/12/2000 portant cadre organique des académies et des CAP ne connaissent aucun progrès, a déploré Tiémoko Dao.
Les militants de la Coses demandent enfin aux autorités de mettre fin à ce qu’ils désignent comme des actes d’intimidation à leur endroit (lettres d’explication, violences verbales). Ces initiatives, estiment-ils, ne sont pas de nature à apaiser les tensions.

C. DIAWARA – L’Essor

08 Février 2008.