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Depuis le lundi dernier, 12 novembre 20007, les enseignants du secondaire ont décidé de procéder à la rétention des notes. Cette méthode qui consiste à « prendre en otage les notes » n’est pas fréquente au niveau secondaire. Mais la Coses (Coordination des syndicats de l’enseignement secondaire) « se réserve le droit d’observer la non évaluation à compter du lundi 10 décembre et le boycott de toutes les compositions ».

A travers cette mesure, les professeurs du secondaire veulent se faire entendre autrement. Il y a deux semaines, ils ont observé une grève de 48 heures pour montrer leur mécontentement et protester contre l’inefficacité des commissions créées par l’ancien Premier ministre, Ousmane Issoufi Maïga pour les négociations.

Une des causes de la première grève est l’échec des négociations. Au cours de ces travaux, les contractuels ont été déçus par les propositions qui leur ont été faites.

En ce qui concerne les problèmes justifiant cette nouvelle position, ils sont nombreux. Mais les enseignants se plaignent en particulier des conditions de vie et de travail des travailleurs de l’enseignement secondaire.

Ils dénoncent également « l’exploitation des professeurs contractuels du même niveau par l’Etat malien depuis plus d’une décennie » et les frustrations occasionnées par le flou qui entoure le plan de carrière.

C’est pour ces raisons que la Coses revient à la charge en exigeant du Gouvernement, entre autres : l’octroi d’une indemnité de logements aux travailleurs de l’enseignement secondaire ; la levée des obstacles juridiques pour leurs promotion , formation ou détachement.

Ils demandent aussi la rémunération de l’évaluation de la formation modulaire ; le paiement avec rappel de l’indice financière de l’augmentation de la valeur indiciaire des professeurs contractuels à compter du 1er janvier 2007.

Enfin, la Coses demande l’application correcte des décrets du 4 décembre 2000 portant cadre organique des Académies et des CAP.

La rétention des notes et le refus des évaluations constituent une démarche de rupture qui peut jouer beaucoup sur le cours de l’année scolaire. Il est clair que le pacte pour une école apaisée et performante a atteint ses limites, d’autant plus que son auteur n’a malheureusement pas pu achever le travail qu’il avait entamé.

Par ailleurs, en termes de résultat, ce pacte a seulement permis au Gouvernement de gagner du temps. Pour causes : les revendications des enseignants demeurent fondamentalement invariables depuis plusieurs ans. Chez les contractuels du secondaire, tous les regards sont tournés vers le nouveau ministre en charge du département de l’éducation, le Pr. Amadou Touré.

Comment va-t-il gérer cette crise?

La tâche lui sera en réalité difficile car il s’agit de faire des propositions concrètes aux contractuels. Ces derniers ne sont pas en tout cas d’humeur à accepter un compromis qui n’engage pas le Pr. Touré. C’est pourquoi ils estiment que les commissions qui ont jusqu’ici travaillé avec eux ne leur conviennent pas.


Soumaila T. Diarra.

14 novembre 2007.