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Les enseignants contractuels du fondamental, regroupés au sein d’un syndicat dénommé SYCEF menacent d’observer un arrêt de travail de 72 heures allant de ce mercredi 23 avril au vendredi 25 avril 2008 si leurs revendications contenues dans un préavis de grève datant du 14 avril 2008 ne sont pas satisfaites.

Ces revendications sont essentiellement d’ordre salarial et des arriérés de primes de hiérarchisation et de reclassement. Lorsque cette mauvaise nouvelle fut portée à la connaissance des bailleurs de fonds de l’enseignement fondamental, ceux-ci se sont interrogés sur la destination de l’argent des contractuels. Où est donc passé le salaire des contractuels de l’enseignement fondamental?

LES AUTORITES DE TUTELLE ALERTEES

Le Syndicat des Contractuels de l’Enseignement Fondamental (SYCEF) se réclame de la Fédération de l’Education Nationale (FEN) qui, elle même relève de la Confédération Syndicale des Travailleurs du Mali (CSTM). Dans le préavis de grève datant du 14 avril 2008, le SYCEF, sous la signature de son secrétaire général, M. Soumana Kalapo, a pris à témoins les ministres de Travail de la Fonction Publique et de la Réforme de l’Etat, de l’Education de Base, de l’Alphabétisation et des Langues Nationales et de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales.

Le SYCEF s’appuie sur la constitution du 25 février 1992, la loi n°92-020 du 23 septembre 1992 portant code du travail en République du Mali, le décret n°434/P-RM du 13 octobre 2005 fixant les conditions de travail du personnel enseignant contractuel de l’Etat, le décret n°435/P-RM du 13 octobre 2005 fixant les conditions de travail du personnel enseignant contractuel des collectivités territoriales. Toutes ces lois et décrets portent le sceau de l’Etat.

CE QUE RECLAMENT LES CONTRACTUELS

Le secrétaire général du SYCEF, M. Soumana Kalapo, contacté par nos soins au siège de la CSTM nous déclare que leurs revendications portent sur le non paiement des salaires des nouvelles recrues d’octobre 2007 dans le District de Bamako, dans les régions de Kayes, Koulikoro, Tombouctou et Gao. Parmi les revendications des contractuels, il y a aussi le non paiement des arriérés des primes de hiérarchisation et de reclassement dans la région de Gao et dans le District de Bamako.

Le bureau exécutif national du SYCEF s’inquiète aussi de la lenteur dans la poursuite des processus de hiérarchisation et de reclassement. Par conséquent, il exige le paiement immédiat de tous les salaires dus, le paiement sans délai de tous les arriérés des primes de hiérarchisation et de reclassement, la poursuite immédiate des processus de hiérarchisation et de reclassement pour tous les enseignants qui en ont droit.

UN PRECEDENT FACHEUX

“Qui a bu boira”, dit le vieux proverbe. Ce n’est pas la première fois que les contractuels de l’enseignement fondamental réclament leurs salaires. Dans un passé récent, il existe un précédent fâcheux. En effet, au cours de l’année scolaire 2006-2007 plus de 200 enseignants contractuels de Koulikoro ont passé 7 mois sans salaire. Ceux qui se sont rendus coupables de cette faute grave n’ont pas été interpellés ni inquiétés. En novembre et décembre 2007, les mêmes enseignants contractuels de Koulikoro n’ont pas été payés.

LA COLERE DES BAILLEURS DE FONDS

Le budget de l’enseignement fondamental au Mali, selon nos sources, est supporté en grande partie par l’extérieur. Les principaux bailleurs de fonds sont la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International. Bon an mal an, ces partenaires ont toujours honoré leurs engagements dans ce domaine.

Est-ce pour cette raison que l’enseignement fondamental est le champ d’expérimentation de tous les systèmes et politiques éducatifs comme la Nouvelle Ecole Fondamentale (NEF) la Nouvelle Ecole du Mali (NEM) la double vacation, la double division?

En tout cas, lorsque les bailleurs ont appris que les salaires des contractuels ne sont pas encore faits, ils se sont demandés comment cela peut se faire alors que les fonds ont été débloqués à leur niveau. Où est donc passé le salaire des contractuels?

Le secrétaire général du ministère de l’Education de Base, de l’Alphabétisation et des Langues Nationale M. Alpha Aboubacrine et le ministre lui même, Mme Sidibé Aminata Diallo sont fortement interpellés par cette situation.

En tout cas, l’observation d’une grève de 72 est imminente. Aux dernières nouvelles, le secrétaire général du SYCEF nous a fait savoir qu’il a transmis au département de tutelle leur mémoire de défense, une sorte d’argumentation qui soutient leur préavis de grève.

Daba Balla KEITA

23 avril 2008.