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Les congés pour les fêtes de fin d’année sont terminés. C’est sans doute aussi le moment pour chaque acteur : élèves, parents, enseignants et autorités de procéder à un examen de conscience pour savoir si la mission qui est la sienne dans la chaîne de l’enseignement a effectivement commencée.

Il faut tout de suite dire que certains des premiers concernés, à savoir les élèves, n’ont jamais eu toujours des comportements exemplaires, d’où souvent des échecs patents aux examens. Dans les grandes villes, il n’est pas rare de voir des élèves se moquer royalement des enseignants, perçus comme des moins que rien. Il n’est pas aussi rare de voir certains se retrouver en bande plutôt dans des maquis et autres espaces de loisir que dans des salles de classe.

Du côté des parents d’élèves, il ne fait aucun doute que leur responsabilité est certaine dans la réussite ou l’échec des élèves. Combien de parents s’occupent-ils réellement de leurs enfants dès que ces derniers reviennent de l’école ? Très peu !

S’interroge-t-on, sur les devoirs, les notes ? Parfois pour donner l’illusion de s’intéresser réellement au travail de leurs enfants, certains recrutent ce qu’on appelle couramment les «enseignants à domicile», tout en feignant d’ignorer que cela ne saurait être une garantie de succès sans le regard des parents. Faut-il encore rappeler que les réflexes de suivi des parents sont symboliquement et psychologiquement importants pour les enfants?

Le corps enseignant, quant à lui, se retrouve au centre de multiples critiques parfois fondées. L’argument selon lequel le niveau de l’enseignement est en baisse est certes imputable à de nombreux facteurs mais souvent aussi aux enseignants.

Combien de professeurs n’embrassent-ils pas de nos jours la carrière d’enseignant, à défaut de trouver mieux ? Toute vocation piétinée, certains n’hésitent pas à dire qu’ils sont dans l’enseignement en guettant mieux ailleurs.

Dans certains établissements surtout privés, il se voit des enseignants peu coûteux, qui sont recrutés par ces chefs d’établissement, mus par la seule quête du profit ; la qualité étant leur dernier souci. Conséquences : des élèves des classes d’examen se retrouvent devant des épreuves auxquelles ils ne comprennent absolument rien. De nos jours, il existe certes encore une race d’enseignants consciencieux, mais force est de constater que la quête du profit tous azimuts risque de pervertir pour de bon ce noble métier.

Il est fréquent que des enseignants du public désertent les classes pour aller offrir leur savoir dans les lycées privés. Cela ne serait pas à priori condamnable, si certains ne bâclaient pas les cours du public. A l’argument que les heures de vacation dans les collèges privés sont mieux rétribuées, et qu’ainsi on peut arrondir aisément les fins du mois, certains enseignants se donnent plus en temps et en compétence dans le privé que dans le public.

Quant aux autorités, certaines d’entre elles se singularisent par des comportements peu recommandables. D’abord, le nombre des enseignants est si insuffisant pour couvrir les besoins, qu’il se voit des professeurs, dispenser trois matières, alors qu’ils n’ont eu une formation universitaire que dans une seule matière. Inutile de savoir que dans ces conditions, aucun “prof” ne peut donner que ce qu’il sait.

Au niveau des directeurs d’écoles, des proviseurs, il ressort que les périodes d’examen sont leur moment favori de copinage qui donne lieu à toutes sortes de tractations.

A savoir que de telles pratiques se développent dans le monde de l’éducation il est clair que le requiem est dit sur la qualité et la quête de l’excellence. Sur un tout autre plan, à savoir les affectations des professeurs. Comment comprendre que dans les grandes villes, il se trouve trop d’enseignants, alors que certaines localités en souffrent cruellement du manque.

Gnimadi Destin

09 Janvier 2009