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Malgré l’annonce par le Premier ministre Modibo Sidibé de la tenue d’un forum national sur l’éducation au Mali pour une solution définitive de sortie de crise, la situation ne s’améliore guère.

En effet, après la grève illimitée de l’Association des Ecoles Privées du Mali (AEPM) commencée depuis le lundi 7 avril 2008, voilà que les enseignants du syndicat des contractuels de l’enseignement fondamental (SYCEP) plient bagages pour une grève illimitée. Elle a commencé depuis hier mardi 8 avril à 8 heures précises.

On sait que ni la COSES, ni la FEN encore moins le SNESUP n’ont renoncé à leurs doléances. A partir de ces multiples revendications orchestrées séparément par les syndicats d’enseignants la question qu’on peut se poser, c’est de savoir comment le gouvernement pourra-t-il relever ces défis ? Il ne faut pas perdre de vue que beaucoup d’autres secteurs regorgent d’énormes problèmes.

L’ETAT DES LIEUX DES GREVES

En revenant aux deux grèves déclenchées hier et avant-hier, on se rend compte que la situation n’est pas en train de s’améliorer. Ce qui met à mal les plus hautes autorités. En effet, après le retour des congés de Pâques, les écoles privées agrées au Mali ont déclenché lundi suite aux décisions prises devant leur assemblée générale le 5 avril 2008 leur grève.

Il faut noter que cette grève pourra se limiter à une semaine seulement à condition que le gouvernement exécute les arrêtés fixant le payement du taux des frais scolaires accordés à ses élèves privées. Pendant que ceux-ci sont déjà en grève, les enseignants du SYCEF ont également observé hier un arrêt de travail d’une durée illimitée. Ils restent fermes sur leur décision jusqu’après paiement intégral de tous les salaires et les primes de reclassement dus.

LES AGITATIONS DU SYCEF

Les conditions de travail du personnel enseignant contractuel de l’Etat sont fixées par le décret n°435/P-RM du 13 octobre 2005. Ce même décret fixe notamment les conditions de travail de ceux des collectivités territoriales.

Malgré l’existence des différents décrets en la matière, les enseignants s’estiment lésés pour non paiement des salaires des mois d’octobre, novembre et décembre 2007, et aussi de janvier et de février 2008 pour des nouvelles recrues. Nonobstant cela, ils constatent le non paiement des arriérés des primes de reclassement de la session 2006 de toutes les communes du District de Bamako (C I-VI).

En conséquence, avec l’impossible de trouver une solution à cette situation, dit-on, injuste et insupportable, les enseignants du SYCEF expliquent avoir constaté une négligence de la part des autorités scolaires et financières pour l’amélioration de leurs conditions. C’est pourquoi les bureaux des divisions du SYCEF du District ont décidé de cet arrêt de travail en ayant bien conscience des difficultés que connaît l’Etat.

En analysant la situation, peut-on dire que c’est une négligence de la part du gouvernement? N’y a-t-il pas plutôt un problème de moyens pour y faire face ? En tout cas, il s’agit des conditions de vie de ses enseignants, donc une revendication légitime. Ainsi, ils exigent une réponse favorable au paiement des salaires allant d’octobre à février pour reprendre le chemin de l’école.

QUE VA FAIRE LE GOUVERNEMENT ?

Sans nul doute, l’arrêt de travail de ces ordres d’enseignants ne sera pas du tout une chose aisée pour le gouvernement. En effet, disons bien la vérité, l’école traverse un moment critique. L’Etat, en cette circonstance, va-t-il prendre des mesures exceptionnelles?

Aujourd’hui, s’agissant des écoles privées, l’Etat doit réellement voir les conditions de leur création s’il n’a pas les moyens de faire face aux subventions allouées. En définitive, le gouvernement doit urgemment gérer le problème de l’école. Par conséquent, le forum ne doit plus attendre. En tout cas, il est très urgent d’aller vers une gestion définitive du problème scolaire et universitaire.

Quant aux syndicats d’enseignants, il sera souhaitable qu’ils poursuivent les négociations qui permettent de sauver l’année scolaire en cours.

Hady BARRY

09 avril 2008.