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Les enquêtes conjointes s’inscrivent dans le cadre de l’Accord de coopération en matière de justice signé entre le Mali et la France le 9 mars 1962.

Français et Maliens travaillent d’arrache-pied pour faire avancer les enquêtes ouvertes suite à l’exécution des deux journalistes de RFI à Kidal le 2 novembre. En fin de semaine dernière, l’on apprenait que qu’au moins 9 personnes ont été interrogées par les forces françaises et remises aux autorités maliennes.

Jeudi, quatre suspects avaient été remis aux Maliens par les militaires français de l’opération Serval et placés en détention. Le propriétaire du véhicule 4×4 qui a servi à l’enlèvement a été identifié, a confirmé un responsable de nos services de sécurité.

« C’est en interrogeant les suspects que l’armée française a pu identifier Baye Ag Bakabo, le propriétaire du véhicule. Il est connu des services de police », a précisé une source proche du ministère de la Défense et des Anciens combattants, précisant que Baye Ag Bakabo est un membre de la communauté touareg, lié à la fois au MNLA et aux djihadistes d’Aqmi. L’unité à laquelle il appartiendrait est dirigée par Abdelkrim al Targui, un responsable d’Aqmi.

Baye Ag Bakabo serait aussi connu pour des vols de véhicules et aurait déjà fait de la prison.

Au moment où les enquêtes s’accélèrent pour retrouver les auteurs du crime ignoble dont ont été victimes Ghislaine Dupont et Claude Verlon, le gouvernement a publié samedi un communiqué pour informer l’opinion que « suite à l’assassinat crapuleux de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon, des enquêtes judiciaires ont été ouvertes aussi bien en République du Mali qu’en République française, pour enlèvement et assassinat en lien avec une activité terroriste ».

« Ainsi, suite à une demande d’entraide pénale internationale adressée par le ministère de la Justice française, les fonctionnaires de la Direction centrale du renseignement intérieur (DRCI) et de la Direction centrale de la police judiciaire française procèdent, conjointement avec les autorités prévôtales de la gendarmerie de Kidal, aux auditions et autres actes techniques nécessaires et utiles aux investigations, notamment les constatations sur les lieux de l’enlèvement et de découverte des corps.

Outre les autorités prévôtales de Kidal, une équipe pluridisciplinaire constituée de substitut, de juge d’instruction, de greffier, des officiers et agents de la police judiciaire ainsi que de divers experts, est sur le théâtre des opérations. Ils travaillent avec leurs homologues français à la collecte et à la conservation des éléments de preuves », indique le communiqué du gouvernement.

Le texte ajoute que les autorités maliennes et françaises vont examiner et interroger, chacune en ce qui la concerne, les éléments probatoires recueillis et collectés sur les lieux de l’enlèvement et de l’assassinat ; et que ces enquêtes conjointes s’inscrivent dans le cadre de l’Accord de coopération en matière de justice entre la République française et la République du Mali du 9 mars 1962.

Le gouvernement informe, par ailleurs, que les personnes interpellées et arrêtées dans le cadre des investigations ont été mises à la disposition des autorités judiciaires françaises pour une durée légale de quatre vingt seize heures, avant d’être mises à la disposition de la justice malienne.

« Elles sont interrogées dans le strict respect des droits que les conventions internationales et lois nationales leur confèrent. Elles bénéficient de toutes les garanties procédurales exigées par les standards internationaux », précise le gouvernement qui « assure l’opinion publique nationale et internationale qu’il entreprendra avec les autorités compétentes françaises, toutes les dispositions légales afin que les auteurs de ces actes odieux puissent répondre devant la justice, au terme d’une procédure équitable, impartiale et respectueuse des droits de défense ».

Essor du 11 novembre 2013