Partager

En Côte d’Ivoire, la présidence a annoncé dimanche 20 juin 2010 avoir saisi le procureur de la République pour enquêter sur des soupçons de fraude et de détournement visant le ministre de l’Intérieur Désiré Tagro. L’affaire fait grand bruit en Côte d’Ivoire. Alors quel est l’objectif recherché par Laurent Gbagbo en mettant en accusation l’un de ses très proches ?

jpg_tagro.jpgPremière hypothèse, après le nettoyage de la filière café cacao il y a deux ans, Laurent Gbagbo s’engage dans une nouvelle opération mains propres. Le chef de l’Etat l’a dit et répété, il ira prochainement aux élections.

Dans une logique de précampagne, il tient donc à montrer à l’opinion qu’à travers cette enquête, il est le défenseur des intérêts du peuple, sacrifiant, s’il le faut, l’un de ses plus proches au nom de la lutte contre la corruption.

Deuxième hypothèse, Laurent Gbagbo est fatigué des querelles internes au FPI , Front populaire ivoirien, parti au pouvoir, et veut y mettre un terme. Si le président se présente comme au dessus des partis, par cette investigation directement diligentée depuis le Palais il rappelle à tous ses lieutenants qui est le chef.

Troisième hypothèse, l’enquête confiée au procureur de la République vise d’avantage à affaiblir Guillaume Soro que Désiré Tagro qui pourrait sortir lavé de cette affaire.

En effet, le Premier ministre est cité dans le communiqué de la présidence alors que démarre la vérification de la liste électorale provisoire dite blanche et que l’accord de Ouagadougou semble s’essoufler.

Enfin quatrième hypothèse, c’est l’hypothèse extrême. La volonté du chef de l’Etat est de remettre en cause le travail effectué par Sagem. Dans ce cas, toute l’identification pourrait être annulée et en conséquence les élections repoussées à une date très lointaine.

Article publié le : mercredi 23 juin 2010 par RFI.