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Les résultats de la quatrième édition de l’enquête démographique et de santé du Mali (EDS-IV) -2006 ont été rendus publics, le 10 avril 2008, au cours d’un atelier de restitution au Centre international des conférences de Bamako. Les chiffres restent ceux d’un pays très pauvre.

Cette enquête a été exécutée par la Cellule de Planification et de Statistique du ministère de la santé (CPS/MS) et la Direction Nationale de la Statistique et de l’Informatique du ministère de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce (DNSI-/MEIC), avec l’assistance technique de Macro International.

Selon le ministre de la santé, Oumar Ibrahim Touré, l’objectif de cette enquête est de promouvoir le développement humain durable en vue duquel notre pays s’est engagé, avec l’appui de la Communauté internationale, à mettre en oeuvre de vastes réformes qui placent les secteurs de la santé et de la solidarité au cœur des préoccupations essentielles du Gouvernement.

Les différentes réformes ont permis à notre pays d’élaborer des cadres stratégiques d’intervention et de lutte contre la pauvreté, ainsi que des plans de développement sanitaire et social à long terme, a-t-il rappelé.

Ces programmes sectoriels prennent en compte non seulement les engagements internationaux, mais aussi les éléments de la déclaration de politique générale du Gouvernement et de la feuille de route pour le renouveau de l’action publique.

« Mais, il reste entendu qu’il y a un besoin immense d’informations pour évaluer la mise en œuvre des programmes sectoriels, comparer la situation du pays afin de répondre efficacement aux engagements internationaux, promouvoir le dialogue et les orientations politiques fondés sur des bases factuelles et faire des planifications ainsi que des programmations rationnelles », a indiqué Oumar Ibrahim Touré.

L’Enquête Démographique et de Santé vise à répondre au besoin d’informations qui se trouve ainsi comblé par les données issues du système d’informations de routine d’une part, et les enquêtes spécifiques d’autre part.

A cet effet, la réalisation des enquêtes démographiques et de santé est devenue un exercice institutionnalisé que le Mali conduit avec l’assistance technique de Macro International et des partenaires techniques et financiers, depuis 1987.

A ce jour, quatre enquêtes de ce genre ont été réalisées au Mali. Il s’agit de l’Enquête démographique et de santé Mali I en 1987, l’Enquête démographique et de santé Mali II en 1995/1996, l’Enquête démographique et de santé Mali III en 2001 et la toute récente en 2006.

Les partenaires techniques et financiers du secteur dont l’appui multiforme a permis d’atteindre les progrès réalisés sont : l’USAID, l’UNICEF, les Pays Bas, l’UNFPA et la Banque Mondiale.

« Nous espérons que les chiffres figurant dans le rapport Mali 2006 de l’Enquête Démographique et de Santé donnent le niveau actuel des indicateurs sur la situation socio-sanitaire, ce qui nous aidera à améliorer nos approches et influencer nos interventions en vue de contribuer à un meilleur état de la santé de la population malienne. Au-delà des secteurs de la Santé et du développement social, nous attendons que ces chiffres fournissent également des indications sur la situation socioéconomique, l’état de pauvreté et le statut de la femme, entre autres », a déclaré Alex Newton, Directeur de l’USAID Mali, chef de file des Partenaires Techniques et Financiers (PTF).

Il a renouvelé l’engagement des PTF auprès du gouvernement et du peuple maliens en vue de contribuer au renforcement du système sanitaire et social à travers le Programme de développement Sanitaire et Social (PRODESS). Mais aussi en vue d’aider à résoudre les problèmes prioritaires pour l’amélioration des conditions sanitaires et sociales de la population.

Les résultats phares de l’enquête démographique et de santé Mali IV ont été exposés lors de l’atelier de restitution par Seydou Moussa Traoré, Directeur national de la Statistique et de l’informatique (DNSI), entouré des autres membres de l’équipe de ladite enquête.

Au Mali, le paludisme demeure l’endémie majeure et la première cause de morbidité et de mortalité. Dans les groupes les plus vulnérables, on note les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes.

B. Daou


En chiffres

Au Mali, le paludisme demeure l’endémie majeure et la première cause de morbidité et de mortalité dans les groupes les plus vulnérables, notamment les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes. Le traitement et la prévention du paludisme constituent donc une composante importante des soins de santé maternelle et infantile.

Un ménage sur deux (50 %) possède, au moins, une moustiquaire imprégnée d’insecticide (MIl). Cette proportion varie d’un minimum de 29 % dans la région de Kidal à un maximum de 50 % dans celle de Ségou et de 54 % à Bamako.

Au Mali, en moyenne, 27 % des enfants, soit près de trois sur dix, ont dormi, la nuit ayant précédé l’enquête, sous une MIl. Dans les régions, cette proportion varie d’un minimum de 2 % dans celle de Kidal à un maximum de 33 % dans celle de Tombouctou et à Bamako.

Près de six femmes sur dix (59 %) ont pris des antipaludéens, à titre préventif, pendant la grossesse de leur dernière naissance. Dans les régions de Tombouctou et de Gao, cette proportion n’est que de 41 %. A l’opposé, elle atteint 81 % parmi les femmes de Bamako et 86 % parmi celles qui ont un niveau d’instruction secondaire ou plus.

Seulement 4 % des femmes enceintes ont reçu deux doses ou plus de SP/Fansidar au cours d’une visite prénatale. Cependant, parmi les femmes de Bamako et celles des ménages les plus riches, cette proportion est respectivement de 16 % et 12 %.

14 avril 2008.