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Le chef du parti islamiste au pouvoir Ennahda a appelé jeudi la Tunisie au « consensus » lors du premier congrès de ce mouvement dans le pays depuis 1988, un discours conciliateur alors que l’opposition craint une dérive vers un islamisme plus radical. « Nous voulons transmettre un message depuis ce congrès, ce congrès est celui de l’union du peuple tunisien. Nous sommes un peuple uni », a déclaré Rached Ghannouchi devant une foule de quelque 10.000 partisans. « En Tunisie, tous les mouvements peuvent cohabiter », a ensuite lancé le chef d’Ennahda qui domine le gouvernement de coalition avec deux partis de centre-gauche. L’opposition craint une dérive vers un islamisme plus radical et la tentation de l’hégémonisme de la part de ce parti qui se dit modéré et qui a renoncé à inscrire la charia (loi coranique) dans la nouvelle Constitution en cours de rédaction. Ennahda, le plus grand parti politique de Tunisie, a été violemment réprimé par le président Zine El Abidine Ben Ali chassé par la révolution de 2011. Il table sur quelque 25.000 à 30.000 participants à ce congrès, le premier public et non dans la clandestinité qui se tiendra jusqu’à dimanche au Kram, une banlieue de Tunis. AFP