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Un Malien, condamné pour avoir enlevé trois humanitaires espagnols en Mauritanie et les avoir remis à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), a été extradé de la Mauritanie vers le Mali dans la nuit du lundi à mardi, a appris l’AFP de sources concordantes à Bamako et Nouakchott.

Omar Sid’Ahmed Ould Hamma, surnommé « Omar le Sahraoui », « a été extradé vers Bamako dans la nuit du lundi à mardi », a déclaré à l’AFP une source aéroportuaire à Bamako. « Il était à bord d’un vol régulier et n’était pas menotté. Ce sont les forces de sécurité du Mali qui sont venus le récupérer à sa descente » d’avion, a précisé cette source.

L’arrivée de « Omar le Sahraoui » à Bamako a été confirmée par une source des services de sécurité au Mali, ainsi que par une source policière en Mauritanie.

Lundi, une source haut placée à Nouakchott avait affirmé à l’AFP que le gouvernement mauritanien avait « accepté de le livrer au Mali parce que nous ne pouvons rien refuser à nos frères maliens auxquels nous lient d’excellentes relations ».

Elle avait précisé que l’extradition était conforme aux « accords judiciaires liant nos deux pays depuis 1963 ».

La semaine dernière la Cour d’appel de Nouakchott avait confirmé la condamnation fin juillet à 12 ans de prison assortis des travaux forcés de ce Malien considéré comme le principal auteur de l’enlèvement en Mauritanie de trois Espagnols le 29 novembre 2009.

Il était accusé d’avoir été payé par Aqmi pour les enlever sur la route reliant Nouakchott à Nouadhibou (nord). Les otages, qui étaient en mission pour l’organisation humanitaire Barcelona Accio Solidaria au moment de leur enlèvement, avaient ensuite été transférés au Mali.

Début mars, Aqmi avait libéré Alicia Gamez, 39 ans, après trois mois de captivité.

Les autres otages, deux hommes, Albert Vilalta, 35 ans, et Roque Pascual, 50 ans, sont toujours séquestrés dans le nord du Mali.

Les dernières preuves de vie des otages datent de mars. « Actuellement il n’y a aucune nouvelle qui aurait été communiquée de manière officielle à Barcelona Accio Solidaria », a indiqué lundi l’organisation humanitaire catalane.

Cette extradition intervient alors que des informations au Mali indiquent que la branche radicale d’Aqmi, dirigée par l’Algérien Abdelhamid Abou Zeïd, menace la vie des otages espagnols qui sont détenus par un autre groupe d’Aqmi, dirigé par Mokhtar Belmokhtar, alias Belawar.

« Abou Zeid fait tout actuellement pour mettre en danger la vie des deux otages espagnols », avait indiqué samedi à l’AFP un responsable du canal traditionnel malien qui mène les négociations en vue de la libération des otages dans le Sahel.

« C’est une réaction contre le dernier raid franco-mauritanien », avait ajouté ce responsable, affirmant que « de jour en jour, les pressions se faisaient sentir ».

Jusqu’à présent, le sort des deux otages espagnols suscitait moins d’inquiétude que celui des otages exécutés (un Britannique et un Français) par le groupe d’Abou Zeïd, car les motivations de Belmokhtar sont essentiellement financières et non pas religieuses, selon des experts d’Aqmi.

Aqmi a revendiqué le 25 juillet l’exécution d’un otage français, Michel Germaneau, 78 ans, après l’échec d’un raid militaire franco-mauritanien mené au Mali le 22 juillet pour tenter de le retrouver et au cours duquel sept djihadistes avaient été tués.

Le groupe d’Abou Zeïd avait déjà tué il y a quatorze mois un autre otage occidental, le Britannique Edwin Dyer.

BAMAKO (AFP) – mardi 17 août 2010 – 12h48


Aqmi : otages espagnols au Mali : Les familles ont reçu une preuve de vie

Les familles d’Albert Vilalta et de Roque Pascual, deux coopérants espagnols retenus depuis novembre par la branche maghrébine d’Al-Qaïda au Mali, ont reçu une preuve de vie des deux otages, a assuré lundi l’ONG Barcelona Accio Solidaria.

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« Nous savons que les familles ont pu voir une preuve de vie des otages », a déclaré le président de l’ONG, Francesc Osan, à la radio catalane RAC1.

« La seule information que nous transmettent (les familles) est que les otages vont bien et que les négociations se poursuivent », a-t-il ajouté.

Le 29 novembre, trois volontaires espagnols de cette ONG avaient été enlevés en Mauritanie et en décembre Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) avait revendiqué ce rapt.

Début mars, l’une des otages, Alicia Gamez, 39 ans, avait été libérée. Mais ses deux compagnons, Albert Vilalta, 35 ans, et Roque Pascual, 50 ans sont toujours retenus dans le nord du Mali.

Ces nouvelles rassurantes surviennent quelques jours après une information selon laquelle la branche radicale d’Aqmi, dirigée par l’Algérien Abdelhamid Abou Zeïd, menace la vie des otages espagnols, qui sont détenus par un autre groupe d’Aqmi.

« Abou Zeid fait tout actuellement pour mettre en danger la vie des deux otages espagnols », avait indiqué samedi à l’AFP un responsable du canal traditionnel malien qui mène les négociations en vue de la libération des otages dans le Sahel.

« C’est une réaction contre le dernier raid franco-mauritanien », avait ajouté ce responsable, affirmant que « de jour en jour, les pressions se faisaient sentir ».

Jusqu’à présent, le sort des deux otages espagnols suscitait moins d’inquiétude que celui sort des otages exécutés (un Britannique et un Français) par le groupe d’Abou Zeïd, car les motivations de Belmokhtar sont essentiellement financières, et non pas religieuses, selon des experts d’Aqmi.

Aqmi a revendiqué le 25 juillet l’exécution d’un otage français, Michel Germaneau, 78 ans, après l’échec d’un raid militaire franco-mauritanien mené au Mali le 22 juillet pour tenter de le retrouver et au cours duquel sept djihadistes avaient été tués.

Le groupe d’Abou Zeïd avait déjà tué il y a quatorze mois un autre otage occidental, le Britannique Edwin Dyer.

MADRID (AFP) – lundi 16 août 2010 – 14h54