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«L’opération d’immatriculation des engins à deux roues et la délivrance des permis de conduire : enjeux et perspectives»
, le samedi 3 avril 2009, était au centre du 57e club de la presse de la radio Klédu. Organisée en collaboration avec le ministère de l’Equipement et des Transports, la conférence a enregistré la participation du ministre Ahmed Diane Séméga et de Sadio Gassama, ministre de la Sécurité Intérieure et de la Protection Civile.

Pour la circonstance, les ministres étaient accompagnés par Mamadou Koné, conseiller technique au ministère du Transport et de l’Equipement et Djibril Tall, directeur national du transport.

D’entrée de jeu, le ministre Ahmed Diane Séméga, a indiqué que «l’opération spéciale de dédouanement et immatriculation des engins à deux roues par l’application de taux forfaitaires», a été initié par le gouvernement dans le seul but de sécuriser de prévenir les accidents de la circulation et de sécuriser les propriétaires des engins en cas de vol. Il a déclaré que le constat au Mali en matière d’accident est très inquiétant. Selon lui, les victimes d’accidents de la circulation au Mali sont à plus de 60 % les conducteurs ou des passagers ou des piétons renversés par les engins à deux routes.

En mettant un accent particulier sur la fonction utilitaire des engins à deux roues qui viennent compenser la carence de la satisfaction de la demande de transport urbain, le ministre Ahmed Diane Séméga, a estimé que face aux dégâts causés dans la population qu’il était urgent que le gouvernement réagisse pour juguler le fléau des accidents impliquant les engins à deux roues.

Pour mettre en exergue le nombre élevé des accidents de la circulation qui concerne les engins à deux roues, le ministre Sadio Gassama a rappelé qu’en 2007, le Mali a enregistré 6616 cas d’accidents de moto, avec 6455 blessés et 326 décès, dont 173 pour la seule ville de Bamako. «Face à ce drame, il était du devoir du gouvernement de réagir», a-t-il déclaré.

Avant d’indiquer que l’option a été faite d’apprendre à conduire aux jeunes qui ne savent pas le faire, en leur imposant l’obtention d’un permis moto. Et pour joindre l’utile à l’agréable, il a indiqué que la décision a été prise pour immatriculer les engins à deux roues pour faciliter leur traçabilité.

Quatre mois après le démarrage de l’opération, ce sont environ 56 000 engins à deux roues qui ont été immatriculés sur un total estimé à 450 000. En ce qui concerne les permis moto, ce sont environ 49 000 qui ont été distribués.

Face à ce bilan présenté comme un succès relatif par le ministre Ahmed Diane Séméga, une évaluation est en cours pour lever tous goulots d’étranglement afin de proposer une nouvelle date butoir. Celle du 31 avril 2009, étant difficilement tenable. Le ministre du transport et de l’équipement, sans attendre le résultat de l’évaluation à rassurer de la prorogation du délai.

Il a aussi annoncé que des dispositions seront prises à l’issu de cette première phase qui était considérée comme une opération test pour multiplier les centres au niveau de Bamako et même de voir comment prendre en charge les cercles du pays, afin d’éviter que les usagers ne fassent pas des déplacements jusque dans les capitales régionales.

Mais, face aux inquiétudes des journalistes quant aux 30 minutes de formation, en lieu et place des 21 jours exigés par la loi en vue de l’obtention du permis moto, les deux ministres se sont longuement expliqués. Ils ont estimé que la loi exige une formation de 21 jours, mais qu’après un test rapide, on peu savoir si l’individu à une maîtrise de l’engin et du code de la route.

Tout compte fait, les ministres ont rassuré que personne n’aura le permis s’il ne prouve pas qu’il ait le niveau requis pour l’avoir. Mieux, la plupart des propriétaires à engin à deux roues sont des habitués de la circulation pour certain depuis de longues dates. Pour ces derniers, la formation a pour but de leur donner les notions fondamentales qu’ils peuvent ignorer.

Quant à l’apport de l’opération au trésor public, le ministre Ahmed Diane Séméga a indiqué qu’il est pratiquement nul. Selon lui, l’opération n’a pas été initiée pour renflouer les caisses de l’Etat, mais pour sauver des vies maliennes.

Avec des chiffres à l’appui, Mamadou Koné conseiller technique du ministre de l’équipement et du transport, a corroboré la thèse de son ministre. Selon lui, au lieu de 9750 F Cfa, dans le cadre de cette opération, le prix du permis a été ramené à 2000 F Cfa.

En ce qui concerne les frais d’immatriculation des engins à deux roues de moins de 120 cm 3, tous les frais compris, le citoyen paye 8000 F Cfa dans le cadre de cette opération, soit 1000 au titre des frais de douanes, 1500 F Cfa pour l’immatriculation, 1500 pour le prix du timbre et 4000 F Cfa pour la plaque d’immatriculation.

«Comme vous le constatez, les frais de douanes habituellement calculés en fonction de la valeur de la marchandise, ont été ramenés à 1000 F Cfa», a-t-il indiqué. Il a estimé qu’en fin d’opération, l’Etat malien va dépenser plus d’argent que les 2 000 940 000 F Cfa qu’il va récolter. Mais, les deux ministres ont estimé qu’il n’y avait pas de perte parce que l’opération permet de sauver des vies maliennes.

Assane Koné

06 Avril 2009