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Une convention nationale, une loi d’orientation et de programmation militaire et une « tolérance zéro » contre les fautes de gouvernance, sont entre autres instructions du capitaine Amadou Haya Sanogo, auteur du coup d’Etat du 22 mars 2012, inscrites dans l’accord-cadre consacrant le retour à l’ordre constitutionnel. Ibrahim Boubacar Keïta a repris à son compte ces engagements comme priorités de son quinquennat, s’il venait à obtenir le suffrage des maliens.

jpg_une-1907.jpgLa constitution malienne perçoit le coup d’état comme un «crime imprescriptible contre le peuple malien». Quoi que largement approuvé par la population malienne, le coup d’Etat du Comité national de redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat (CNRDRE) n’
pas bénéficié du soutien d’IBK, du moins pas officiellement. Cependant, le président du Rassemblement pour le Mali (RPM) s’était abstenu de combattre les auteurs du putsch. Ce qui lui a finalement valu des soupçons de soutien de la part de ses adversaires politiques. IBK a entretenu cette position mi-figue mi-raisin durant toute cette transition.

L’heure de vérité aurait-elle finalement sonnée ? Au dernier virage de la présidentielle annoncée pour le 28 juillet, le candidat du RPM semble se dévoiler puisqu’il reprend quasiment mot pour mot les concessions obtenues par le capitaine Amadou Haya Sanogo auprès de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (CEDEAO) en vue de rétablir la constitution et les institutions de la République après le coup d’Etat.

Il faut dire que sur la dizaine d’engagements obtenus par le militaire, les autorités transitoires ne se sont attelées qu’à régler les plus urgentes : la prorogation du mandat des députés, la mise en place d’un premier ministre de plein pouvoir et d’un gouvernement d’union nationale ainsi que le vote d’une loi d’amnistie pour les auteurs du coup d’Etat.
Il faut souligner que les gages à portée stratégique pour l’armée, notamment la loi d’orientation et de programmation militaire, ont été abandonnés.

«Tolérance zéro»

IBK s’est engagé à faire voter cette loi qui, selon lui, devra «prévoir pour les dix ans à venir les besoins nécessaires à la mise en route de notre appareil de défense et lui permettre de faire face à tous les nouveaux défis». jpg_une-1908.jpg

«J’ai choisi d’être candidat à l’élection présidentielle du 28 juillet […], je suis prêt à servir le Mali […], je suis prêt à relever tous les défis, prêt à redonner au Mali son honneur,…». C’est ainsi que le candidat a défini sa ligne de conduite devant ses partisans rassemblés au stade du 26 Mars de Bamako, le 7 juillet 2013. Des milliers d’entre ont pris part à ce meeting de lancement de la campagne pour l’élection présidentielle, remplissant plus de la moitié du stade.

Ces joutes électorales sont considérées comme la seule alternative à la sortie de crise dans le pays. IBK qui entend se consacrer à la réconciliation nationale propose, avant la fin de l’année, l’organisation d’assises nationales du nord. Cet engagement est à l’image de la convention nationale sollicitée par le capitaine Sanogo et que le gouvernement n’a pas organisée. L’enjeu de ces assises maintes fois décidées puis reportées a d’ailleurs abouti à l’éviction de Cheick Modibo Diarra de la primature.

Aux premiers jours de la signature de l’accord-cadre du 6 avril 2013 qui mettant officiellement le capitaine Sanogo hors du jeu politique, l’intéressé a réaffirmé qu’il n’accorderait aucune tolérance à ceux qui transgresseraient les valeurs de la République. L’expression du capitaine, «tolérance zéro», est donc resté aux yeux des maliens comme une invention du leader du CNRDRE. Les mots ont été repris par IBK pour expliquer la vision qu’il compte désormais apporter à la lutte contre la corruption.

Seydou Coulibaly – © AFRIBONE – Le 9 Juillet 2013