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La Commission nationale des prix a pour but de lutter contre la vie chère. Mais à peine créée, elle connaît des difficultés internes. L’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), qui a suscité sa création, ne la reconnaît plus et prend ses distances.

La Commission nationale des prix est l’une des conclusions du Forum national sur les denrées de première nécessité tenu au mois de février 2008 par l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) et le ministère de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce.

Il y a quelques mois, l’organe a été officiellement installé par décret pris en conseil des ministres. Il est composé de membres de la société civile dont l’UNTM et des représentants de l’Etat à travers la direction nationale du commerce et de la concurrence (DNCC).

Mais ce qui apparaît anormal dans le travail de la Commission est son manque d’initiative et son incompétence à jouir pleinement de ses missions. C’est pourquoi, l’UNTM dont elle est l’émanation, a suspendu sa participation dans l’instance dirigeante présidée par Mme Sissouma Aïda Koné.

Depuis sa mise en place, explique-t-elle, la Commission a du mal à s’affirmer. Nul ne sait quelles actions concrètes elle a mises en place ou élaborées pour empêcher la flambée des prix des denrées de première nécessité. Du riz exonéré qui devait être vendu à 310 F CFA le kilo se vend à près de 400 F CFA. Plus grave : du riz pourri se trouve dans le lot.

Incompétence avérée

La presse nationale et les associations de consommateurs ont beau dénoncer la supercherie des commerçants importateurs de céréales, la Commission nationale des prix n’a pas daigné lever le doigt, encore moins une quelconque autorité publique. Les propos tels que : « le riz de qualité ne peut pas être vendu moins cher », tenus par le chef de l’Etat, ont plutôt conforté les grossistes dans leurs œuvres de prédation publique.

Comme pour démentir la pénurie de riz exonéré sur le marché bamakois, la DNCC et la fameuse Commission nationale des prix ont effectué la semaine dernière une sortie sur le terrain en sillonnant quelques marchés des communes du district. L’exercice a consisté pour la mission de montrer aux téléspectateurs qu’il existe bel et bien du riz exonéré dont un échantillon étiqueté a été montré à la télévision nationale.

Une autre preuve de son incompétence est son manque de réactivité à la tricherie de certaines stations d’essence, qui vendent le litre à 700 F CFA contre le prix officiel de 695 F CFA. C’est le ministère de tutelle qui s’est fendu d’un communiqué de presse, vendredi soir, sur les antennes de l’ORTM, pour demander aux consommateurs de dénoncer auprès des structures compétentes toute station d’essence qui viole la réglementation en vigueur.

Est-ce la preuve de « An dèsèra » (nous avons échoué) confessé par le président de la République Amadou Toumani Touré le 8 mars 2008 à l’occasion de la Journée
internationale des femmes ?

Abdrahamane Dicko

21 Juillet 2008